Origine et histoire de la Minoterie Lambotte
La minoterie Lambotte est une usine désaffectée située à Aumale, en Seine-Maritime, construite à l’emplacement d’un ancien moulin du Roy détruit en 1848. En 1850, une première minoterie à meule y est installée, avant d’être modernisée en 1898 par Henri Lambotte, qui y ajoute une turbine et des machines à cylindres. L’usine, organisée en trois ateliers, fonctionne jusqu’en 1970, date de sa fermeture définitive.
L’édifice, construit en brique et armature métallique, conserve l’intégralité de ses machines et équipements d’origine, datant pour la plupart de la fin du XIXe siècle. Il comprend une minoterie sur quatre niveaux (réception, broyage, tamisage, nettoyage), un atelier de lavage et séchage du blé, et un troisième bâtiment en béton pour le stockage. Le site, alimenté par la Bresle, illustre l’évolution technique des moulins vers l’industrialisation.
Classée monument historique en 2004, la minoterie Lambotte est un exemple rare de conservation in situ d’un ensemble industriel complet, avec ses 30 machines, ses silos, et ses aménagements hydrauliques. Son histoire reflète les transformations économiques locales, depuis l’artisanat meunier jusqu’à la production industrielle, en passant par des phases d’incendies, de reconstructions et de modernisations successives.
Avant la minoterie, le site abritait un collège fondé en 1595 par Jacques Gallemand, puis un laminoir métallique au XIXe siècle, avant d’être transformé en moulin à blé. Rachat par les frères Lambotte en 1902, l’usine atteint une capacité de 200 quintaux par jour en 1910, employant sept ouvriers. Après 1952, elle se diversifie dans l’alimentation animale avant de cesser toute activité en 1972.
Aujourd’hui, le site reste désaffecté mais préservé dans son état d’origine, avec ses bâtiments, ses mécanismes (turbine, moteur à huile lourde, cylindres broyeurs) et son outillage. Les archives mentionnent également des dommages de guerre ayant conduit à la construction d’un atelier en béton en fond de cour, marquant l’adaptation de l’usine aux contextes historiques du XXe siècle.