Frise chronologique
1675
Pose du premier repère
Pose du premier repère
1675 (≈ 1675)
Poteau en bois planté par Jean Picard.
1736
Construction de la mire
Construction de la mire
1736 (≈ 1736)
Remplacement par Jacques Cassini.
1790 (environ)
Remplacement de la fleur de lys
Remplacement de la fleur de lys
1790 (environ) (≈ 1790)
Boule installée pendant la Révolution.
1840
Modification du sommet
Modification du sommet
1840 (≈ 1840)
Fer de lance ajouté.
27 janvier 1934
Classement monument historique
Classement monument historique
27 janvier 1934 (≈ 1934)
Protection officielle du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Monument dit Mire du Nord : classement par arrêté du 27 janvier 1934
Personnages clés
| Jean Picard - Astronome et géodésien |
Pose le premier repère en 1675. |
| Jacques Cassini - Astronome et ingénieur |
Conçoit la mire en 1736. |
| Nicolas-Louis de La Caille - Astronome |
Mesure l’écart angulaire au XVIIIe. |
| Jean-Baptiste Delambre - Astronome et mathématicien |
Rapporta les observations ultérieures. |
| Claude Perrault - Architecte et scientifique |
Recommanda l’emplacement de l’Observatoire. |
Origine et histoire
La mire du Nord, aussi appelée pyramide Cassini, est un monument érigé au 2e quart du XVIIIe siècle dans le 18e arrondissement de Paris. Elle se trouve dans le jardin privé du moulin de la Galette, délimitée par les rues Girardon, Lepic et l’avenue Junot. Ce monument de 3 mètres de haut, composé d’un parallélépipède surmonté d’une pyramide, servait de point de repère pour la mesure du méridien de Paris. Son axe est aligné à 2 931 toises et 2 pieds de l’Observatoire de Paris, comme l’indique l’inscription gravée sur sa base.
L’origine de la mire remonte aux travaux de l’Académie des sciences pour mesurer l’arc du méridien de Paris, initiés par l’abbé Jean Picard en 1675 avec un simple poteau en bois près du moulin Blute-Fin. En 1736, Jacques Cassini, fils de l’astronome Cassini, remplace ce poteau par le monument actuel, construit par le maître maçon Rondel sur un terrain appartenant alors à un meunier nommé Ménessier. La fleur de lys au sommet, symbole royal, fut remplacée par une boule pendant la Révolution, puis par un fer de lance en 1840.
La mire du Nord s’inscrit dans un réseau de points géodésiques autour de Paris, incluant la tour de Montlhéry, le clocher de Brie-Comte-Robert, et la tour de Montjoie. Classée monument historique en 1934, elle témoigne des avancées scientifiques du XVIIIe siècle en astronomie et cartographie. Son emplacement correspond également au médaillon no 129 de l’Hommage à Arago, une œuvre contemporaine de Jan Dibbets (1994).
Les mesures réalisées par Nicolas-Louis de La Caille au XVIIIe siècle ont révélé un écart angulaire de 12 secondes d’arc entre l’axe Observatoire-Mire et le méridien, soit environ 0,33 mètre. Cet écart, bien que minime, illustre la précision des instruments de l’époque. La longitude de la mire, déterminée par l’IGN, est de 2° 20' 11,5" E, quasi identique à celle du méridien de l’Observatoire (2° 20' 11,4909" E), confirmant son rôle clé dans les relevés géodésiques.
Aujourd’hui, la mire du Nord reste un vestige méconnu mais essentiel de l’histoire scientifique française. Bien que située dans une propriété privée, son classement en 1934 en fait un patrimoine protégé, lié à des figures majeures comme Cassini, Picard et Delambre. Son étude a contribué à affiner la connaissance de la forme de la Terre et à établir des références cartographiques encore utilisées aujourd’hui.