Frise chronologique
1643
Fondation initiale
Fondation initiale
1643 (≈ 1643)
Installation dans l’hôtel de Loraille.
1944
Destruction pendant la guerre
Destruction pendant la guerre
1944 (≈ 1944)
Bombardements alliés lors de la bataille.
24 septembre 1953
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
24 septembre 1953 (≈ 1953)
Début de la reconstruction à Couvrechef.
16 avril 1959
Réception des travaux
Réception des travaux
16 avril 1959 (≈ 1959)
Fin officielle de la construction.
1986
Transformation en maison de retraite
Transformation en maison de retraite
1986 (≈ 1986)
Cession partielle des lieux.
2005
Protection monument historique
Protection monument historique
2005 (≈ 2005)
Classement et inscription partielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments, à l'exception des constructions ajoutées (bâtiment sud et cage d'ascenseur extérieure dans la galerie ouest du cloître) (cad. HS 201, 202) : inscription par arrêté du 29 mars 2005 - L'église abbatiale en totalité ; la salle capitulaire en totalité (cad. HS 201, 202) : classement par arrêté du 15 décembre 2005 - Le réfectoire en totalité (cad. HS 201) : inscription par arrêté du 15 décembre 2005
Personnages clés
| Jean Zunz - Architecte |
Concepteur du monastère moderne. |
| Marcel Clot - Architecte municipal |
Collaborateur de Jean Zunz. |
| Dom Aubourg - Moine bénédictin |
Conseiller pour les plans. |
| Dom Gabriel Sortais - Père général des cisterciens |
Expertise sur le projet architectural. |
| Sergio de Castro - Artiste verrier |
Auteur du vitrail *La Création du Monde*. |
| André Jacquemin - Évêque de Bayeux et Lisieux |
Présent à la pose de la première pierre. |
Origine et histoire
Le monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement de Caen trouve ses origines en 1643, lorsque les sœurs bénédictines s’installent dans l’ancien hôtel de Loraille, au cœur de Caen. Après des péripéties liées à la Révolution française, elles se réinstallent en 1816 dans l’ancien couvent des Cordeliers, qu’elles reconstruisent. Leur histoire bascule en 1944 : le monastère est détruit lors des bombardements alliés pendant la bataille de Caen. Les religieuses se réfugient alors au château de Vaux-sur-Aure, près de Bayeux, avant de trouver une solution durable.
La reconstruction du monastère s’inscrit dans le cadre du plan de reconstruction de Caen après la Seconde Guerre mondiale. Expropriées de leur terrain d’origine, les bénédictines optent pour un nouveau site à Couvrechef, dans la plaine de Caen, répondant aux exigences du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) qui souhaite éloigner les ordres contemplatifs du centre-ville. Le projet est confié à l’architecte Jean Zunz, assisté de Marcel Clot, architecte municipal. Dom Aubourg, moine bénédictin de Solesmes, et Dom Gabriel Sortais, père général des cisterciens, contribuent à la conception des plans, mêlant tradition cistercienne et modernité.
La première pierre est posée en 1953, et les travaux s’achèvent en 1959, avec une dédicace solennelle en 1960. Conçu pour 200 religieuses, le monastère est finalement adapté à une communauté réduite à 80 sœurs. Malgré son ampleur, le déclin des vocations pousse les bénédictines à céder une partie des lieux en 1986 à une maison de retraite, tout en conservant l’église et la salle capitulaire. L’ensemble, protégé depuis 2005, se distingue par son architecture moderne et son vitrail majeur de Sergio de Castro, La Création du Monde, salué par les critiques.
Le monastère illustre l’adaptation des ordres religieux aux bouleversements du XXe siècle, combinant héritage spirituel et innovation architecturale. Son réfectoire, ses façades et toitures (à l’exception des ajouts récents), ainsi que l’église et la salle capitulaire, sont aujourd’hui protégés. Le vitrail de Sergio de Castro, d’une hauteur de 6 mètres et d’une largeur de 20 mètres, reste l’un des joyaux artistiques du site, témoignant de la vitalité créatrice de l’art sacré contemporain.