Frise chronologique
1615
Arrivée des bénédictins en France
Arrivée des bénédictins en France
1615 (≈ 1615)
Fuite des persécutions en Angleterre.
1640
Installation à Paris
Installation à Paris
1640 (≈ 1640)
Achat de trois maisons rue Saint-Jacques.
1651
Rachat des bâtiments
Rachat des bâtiments
1651 (≈ 1651)
Soutien d’Anne d’Autriche.
1674-1677
Construction de l’église Saint-Edmond
Construction de l’église Saint-Edmond
1674-1677 (≈ 1676)
Première pierre posée en 1674.
1701
Mort de Jacques II
Mort de Jacques II
1701 (≈ 1701)
Enterré dans la chapelle du monastère.
1793
Fermeture et profanation
Fermeture et profanation
1793 (≈ 1793)
Monastère fermé, tombeau de Jacques II profané.
1803
Restitution aux bénédictins
Restitution aux bénédictins
1803 (≈ 1803)
Retour à un institut britannique.
1903
Installation de la Schola Cantorum
Installation de la Schola Cantorum
1903 (≈ 1903)
École de musique dans l’ancien couvent.
1961
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1961 (≈ 1961)
Protection des façades et intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et couvertures de la porterie ; façades, couvertures et ensemble des intérieurs du bâtiment renfermant l'ancienne chapelle ; façades, couvertures, cage d'escalier et escalier avec rampe en fer forgé, salon à rez-de-chaussée du bâtiment sud sur le jardin ; façades, couvertures, chapelle des Stuart, pièce ornée de boiseries au nord, escalier du 17s du bâtiment en retour au nord sur le jardin ; sols de la cour sur rue et de la cour sur jardin : inscription par arrêté du 23 novembre 1961
Personnages clés
| Gabriel Gifford - Archevêque de Reims |
Acheta les premières maisons en 1640. |
| Anne d’Autriche - Reine de France |
Soutint le rachat des bâtiments en 1651. |
| Jacques II d’Angleterre - Roi catholique exilé |
Résida et fut enterré dans le monastère. |
| Marie-Louise d’Orléans - Princesse française |
Posa la première pierre de l’église en 1674. |
| Claude-Louis d'Aviler - Architecte |
Conçut le pavillon rocaille sous Louis XV. |
Origine et histoire
Le couvent des Bénédictins anglais, fondé au XVIIe siècle à Paris, fut établi par une communauté de moines fuyant les persécutions en Angleterre. En 1615, six bénédictins de Westminster s’installent en France, puis achètent trois maisons en 1640 dans le 5e arrondissement, grâce au soutien du père Gabriel Gifford. En 1651, avec l’appui d’Anne d’Autriche, ils rachètent les bâtiments et construisent une église dédiée à saint Edmond entre 1674 et 1677. Le roi Jacques II d’Angleterre, exilé, y résida et y fut enterré en 1701, faisant du monastère un lieu de pèlerinage pour les catholiques anglais.
Le monastère, prospère au XVIIIe siècle, servait de refuge aux Stuarts et aux aristocrates catholiques anglais, tout en étant un point de départ pour des missions en Angleterre. Fermé en 1793 pendant la Révolution, ses locaux devinrent une prison, puis furent vendus comme bien national. En 1803, les bâtiments furent restitués à un institut britannique regroupant bénédictins anglais, séminaire irlandais et collège écossais. Au XIXe siècle, ils abritèrent une manufacture, l’École polytechnique, une école de Marine et des institutions religieuses, avant d’accueillir la Schola Cantorum en 1903.
L’architecture du couvent mêle des éléments des XVIIe et XVIIIe siècles. Le pavillon bas de 1785, la chapelle transformée en salle de concert, et un salon Louis XV aux boiseries remarquables témoignent de son riche passé. Le tombeau de Jacques II, profané en 1793, et les mascarons sculptés des façades rappellent son importance historique. L’ensemble, partiellement préservé, est inscrit aux monuments historiques depuis 1961, avec des protections spécifiques pour ses façades, escaliers et intérieurs.
Aujourd’hui, le site est connu pour abriter la Schola Cantorum, une école de musique renommée. Les bâtiments, bien que modifiés pour leurs usages successifs, conservent des traces de leur vocation religieuse initiale, comme la chapelle des Stuart et les décors rocaille. Le couvent illustre ainsi les liens historiques entre la France et les catholiques anglais, ainsi que les bouleversements révolutionnaires ayant marqué le patrimoine parisien.