Origine et histoire du Monastère Saint-Paul-de-Mausole
Le monastère Saint-Paul-de-Mausole, fondé au XIe siècle à Saint-Rémy-de-Provence, est un chef-d'œuvre de l'art roman provençal. Son nom provient de la proximité du mausolée antique de Glanum, vestige gallo-romain emblématique. Selon la légende chrétienne, saint Paulus de Mausole, un laboureur local, aurait vu son bâton fleurir miraculeusement, donnant lieu à la construction d’un oratoire en 982, puis d’un prieuré augustinien en 1080. Le site, dépendant initialement de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, fut rattaché en 1316 par le pape Jean XXII à la cathédrale Notre-Dame-des-Doms d’Avignon, intégrant ainsi le patrimoine du Palais des papes.
Au XVIIe siècle, des moines franciscains y établirent un asile pour aliénés, transformé en hôpital psychiatrique sous la Révolution. Ce lieu, connu sous le nom de Maison de Santé de Saint-Paul-de-Mausole, accueillit Vincent van Gogh de mai 1889 à mai 1890. Pendant son séjour, le peintre réalisa 143 toiles et plus de 100 dessins, inspirés par les paysages provençaux et la sérénité du monastère. Son atelier et sa chambre, situés au-dessus du cloître, ont été reconstitués et abritent aujourd’hui un musée dédié à cette période créative.
L’architecture du monastère, remaniée aux XVIIe et XIXe siècles, mêle éléments romans et ajouts postérieurs. Le cloître des XIe-XIIe siècles, orné de chapiteaux sculptés et de baies géminées, est classé Monument historique depuis 1883, tout comme le clocher lombard à frise polychrome. Le jardin médiéval, pré-inventorié en 1994 pour son caractère remarquable, complète cet ensemble. En 2024, l’intégralité du site (hors parties classées) a été inscrite pour sa valeur patrimoniale, incluant murs, parcs et potager.
Le monastère est aussi lié au cinéma : il servit de décor pour Camille Claudel 1915 (2013) et At Eternity’s Gate (2018), biopic sur van Gogh. Son histoire reflète ainsi une double vocation, à la fois spirituelle et médicale, tout en incarnant un lieu majeur de l’histoire de l’art.
L’église romane, couverte de tuiles provençales, présente un chevet à trois absides pentagonales et un clocher coiffé de lauze calcaire. Les galeries du cloître, construites entre 1140 et la fin du XIIe siècle, illustrent l’art roman provençal par leurs arcades groupées et leurs chapiteaux symboliques. À l’étage, les chambres des patients aisés, comme celle de van Gogh, offrent une vue sur ce cadre préservé, témoin de neuf siècles d’histoire.