Mont de Piété de Bergues dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine religieux

Mont de Piété de Bergues

  • Rue Carnot
  • 59380 Bergues
Mont de Piété de Bergues
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Mont de Piété de Bergues
Crédit photo : Velvet - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1629-1633
Construction du Mont
1848
Fin de l'activité
1870
Nouvelle affectation
1907
Classement historique
1956
Inauguration du musée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Mont-de-Piété (ancien) : classement par arrêté du 28 décembre 1907

Personnages clés

Wenceslas Cobergher Ingénieur ayant conçu les plans du Mont de Piété.
Pierre-Antoine Verlinde Donateur d'une collection de dessins en 1877.
Alphonse de Rothschild Donateur de douze tableaux entre 1888 et 1900.
Thérèse Vergriete Conservatrice du musée de 1953 à 1981.
Jean-Claude Guillemin Conservateur du musée de 1982 à 2002.

Origine et histoire du Mont de Piété

Le Mont de Piété de Bergues a été construit entre janvier 1629 et septembre 1633 d’après les plans de l’ingénieur Wenceslas Cobergher; la date de 1630 figure en outre dans un cartouche du pignon sud. L’établissement cessa son activité en 1848 et, à partir de 1870, l’édifice fut partagé entre une caserne de gendarmerie et un tribunal civil. Après sa restauration suivant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment a accueilli le musée municipal.

Le musée du Mont-de-Piété trouve ses origines dans les saisies révolutionnaires qui permirent de rassembler près de 450 tableaux provenant notamment de l’abbaye de Saint-Winoc et des couvents locaux. Déposé dans des locaux dépendant de l’ancien collège des jésuites, ce fonds fut confié à J. Delorge qui dressa un premier inventaire en 1791 et un second en 1795. À partir de 1800, les œuvres furent réparties entre plusieurs villes du district, transférées dans des églises, rendues aux propriétaires ou vendues, et certaines prélevées par la préfecture. En 1802, vingt tableaux furent placés dans la salle des séances de la mairie, et en 1809 apparaît la mention d’un muséum installé dans les classes de l’école des enfants pauvres, sous la garde de François Remacle De Fraeye, successeur de Delorge en 1797.

Une liste de 1816 recense 52 tableaux conservés en mairie; en 1838 la Ville reçoit en dépôt un lot supplémentaire de 73 tableaux provenant de l’ancien collège. En 1842 le conseil municipal évoque la création d’une galerie de tableaux et vote ensuite des crédits pour la restauration d’œuvres confiée au peintre-restaurateur Fabien Napoléon Léoni, qui dresse un inventaire porté à 116 tableaux. Auguste Outters est nommé conservateur des tableaux en 1846, mais des travaux retardent la présentation des collections pendant deux ans. Transférés dans le nouvel hôtel de ville en 1871, les tableaux sont de nouveau présentés en petit nombre, et une commission du musée est constituée en 1872 pour veiller à la conservation et à l’enrichissement des collections.

Le catalogue des collections, établi par Pierre-Antoine Verlinde et publié en 1878, fait suite au don en 1877 par ce dernier d’une importante collection de dessins, riche de plus de 1 500 feuilles comprenant notamment environ 700 dessins des écoles du Nord, d’Italie et de France ainsi qu’un fonds d’académies provenant de l’Académie d’Anvers. En 1884 Édouard Verlinde devient conservateur; entre 1865 et 1889 l’État dépose treize tableaux et deux sculptures et, entre 1888 et 1900, le baron Alphonse de Rothschild fait don de douze tableaux. Des aménagements à l’hôtel de ville en 1907 visent à mieux présenter les collections, qui connaissent des pertes et des restaurations au début du XXe siècle.

La ville reçoit à la fin du XIXe siècle une importante collection d’animaux naturalisés donnée par Stanislas de Meesemaecker, déposée dans une salle annexe du beffroi; une partie de ce fonds est détruite en 1915. Dès 1929 la municipalité envisage d’implanter le musée dans l’ancien Mont-de-Piété; en 1939 une partie des collections est évacuée à Rennes tandis que la collection Verlinde demeure en mairie. La guerre de 1939–1945 cause des destructions et des pertes parmi les naturalia et les tableaux non évacués; environ cinquante dessins de la collection Verlinde disparaissent, six dessins seront retrouvés en Allemagne et réintégreront les collections en 1978, et un dessin de Giandomenico Tiepolo est racheté en 1991.

Au sortir du conflit, les tableaux rapatriés réapparaissent en 1946 et sont de nouveau visibles en mairie à partir de 1947. Thérèse Vergriete succède à Jean Chocqueel en 1949, et le projet d’installer le musée dans l’ancien Mont-de-Piété se concrétise par des travaux engagés dès 1950; un embryon de musée voit le jour en 1952 et le musée du Mont-de-Piété est officiellement inauguré en 1956. L’ouverture suscite de nombreux dons liés à l’histoire locale; en 1963 la ville acquiert deux collections d’histoire naturelle pour remplacer celle de Meesemaecker et un fonds d’archéologie, la section d’histoire naturelle est inaugurée en 1964, et en 1971 le musée reçoit 110 aquarelles de Pierre Drobecq représentant des moulins.

Jean-Claude Guillemin succède à Thérèse Vergriete en 1982 et lance une importante campagne de restauration; à partir des années 1990 le musée se trouve confronté à un manque de moyens et connaît une fermeture de deux ans après le départ de M. Guillemin en 2005. Le Mont-de-Piété de Bergues est classé au titre des monuments historiques depuis 1907.

Labellisé « musée de France », le musée conserve une importante collection de peintures et de dessins du XVIe au XIXe siècle, principalement des écoles du Nord, ainsi qu’une collection d’histoire naturelle. Le fonds comprend tableaux, dessins, manuscrits — dont plusieurs de Lamartine —, sculptures, monnaies, autographes et divers objets d’art; il provient en grande partie des saisies révolutionnaires opérées dans l’abbaye Saint-Winoc et les couvents de la ville. Un inventaire de 1795 répertoriait 650 tableaux; en 1961, 167 d’entre eux pouvaient être rassemblés dans le musée.

La présentation des collections est organisée de façon thématique : au rez-de-chaussée une salle dédiée au portrait expose notamment un tableau de Georges de La Tour, et une autre salle traite de l’art religieux avec des œuvres de Jean de Reyn, Ghislain Vrolynck, Mathieu Elias et de l’atelier de Gaspar van den Hoecke, ainsi que des pièces d’orfèvrerie provenant du trésor de l’église Saint-Martin de Bergues. Le premier étage présente notamment un ensemble de douze peintures sur cuivre attribué à Robert van den Hoecke, des salles consacrées à la figure féminine, à l’abbaye de Saint-Winoc, à la nature morte et à des œuvres du XIXe siècle. Parmi les œuvres remarquables figurent des tableaux attribués à Robert Van den Hoecke, Jacob van Oost le jeune, Antoine Van Dyck (d’après), François Grenier de Saint Martin et Jean de Reyn, ainsi qu’une collection de 1 430 dessins issus du don Verlinde, qui sera présentée à partir de 2012.

La liste des conservateurs récents mentionne Thérèse Vergriete de 1953 à 1981, Jean-Claude Guillemin de 1982 à 2002 et Patrick Descamps depuis juin 2010. Le musée organise par ailleurs des expositions temporaires, qui explorent tant l’histoire locale que des thèmes artistiques ou des monographies d’artistes.

Liens externes