Frise chronologique
1634
Première chapelle du Calvaire
Première chapelle du Calvaire
1634 (≈ 1634)
Début des pèlerinages religieux sur le mont.
1795
Rachat par Merlin de Thionville
Rachat par Merlin de Thionville
1795 (≈ 1795)
Projet avorté de château sur le site.
1841-1846
Construction du fort pentagonal
Construction du fort pentagonal
1841-1846 (≈ 1844)
Intégré aux fortifications de Paris sous Thiers.
1870
Siège de Paris et bombardements
Siège de Paris et bombardements
1870 (≈ 1870)
Rôle clé contre les Prussiens et la Commune.
1882
Explosion de la cartoucherie
Explosion de la cartoucherie
1882 (≈ 1882)
17 morts, majoritairement des ouvrières.
1941-1944
Exécutions massives par les nazis
Exécutions massives par les nazis
1941-1944 (≈ 1943)
Plus de 1 000 résistants et otages fusillés.
18 juin 1960
Inauguration du mémorial
Inauguration du mémorial
18 juin 1960 (≈ 1960)
Hommage du général de Gaulle aux fusillés.
2003
Inauguration de la cloche mémorielle
Inauguration de la cloche mémorielle
2003 (≈ 2003)
1 008 noms de victimes gravés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Crypte, vestige de l'église d'Hubert Charpentier ; inscription de Guillemette Faussart avec la pierre tombale d'Hubert Charpentier dans l'oratoire de Forbin Janson : classement par arrêté du 28 avril 1922 ; Bâtiment de 1812 ; partie nord du cimetière (avec l'escalier) du Mont-Valérien : classement par arrêté du 14 juin 1922 ; Bâtiment D du fort : inscription par arrêté du 10 décembre 1976
Personnages clés
| Adolphe Thiers - Homme politique |
Initiateur des fortifications de Paris incluant le Mont-Valérien. |
| Charles de Gaulle - Général et président |
Inaugure le mémorial en 1960. |
| Honoré d’Estienne d’Orves - Résistant |
Fusillé en 1941, figure emblématique. |
| Gabriel Péri - Journaliste et résistant |
Fusillé en 1941 parmi 70 otages. |
| Missak Manouchian - Résistant (groupe FTP-MOI) |
Fusillé en 1944, entré au Panthéon en 2024. |
| Charles de Forbin-Janson - Évêque et légitimiste |
Relance l’activité religieuse au XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le Mont-Valérien, colline culminant à 161 mètres à l’ouest de Paris, fut d’abord un lieu de pèlerinage religieux dès le Bas Moyen Âge, avec un calvaire et une chapelle édifiés au XVIIe siècle. Sous la Révolution, le site perd son caractère sacré, avant d’être racheté en 1795 par le député Antoine Merlin de Thionville, qui envisage d’y construire un château. Napoléon Ier projette successivement une maison d’éducation de la Légion d’honneur puis un édifice militaire, sans succès. Sous la Restauration, Charles de Forbin-Janson relance l’activité religieuse et y crée un cimetière, attirant des personnalités royalistes.
Entre 1841 et 1846, le fort pentagonal est construit dans le cadre des fortifications de Paris décidée par Adolphe Thiers, entraînant la destruction des édifices religieux antérieurs. La forteresse, dotée de douves et de murs défensifs, joue un rôle clé lors du siège de Paris en 1870, bombardant les positions allemandes. Elle est ensuite utilisée pour réprimer la Commune en 1871. Au XIXe siècle, une cartoucherie y est installée, mais une explosion en 1882 fait 17 morts, principalement des ouvrières.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Mont-Valérien devient un lieu d’exécution massif : plus de 1 000 résistants et otages y sont fusillés par les Allemands entre 1941 et 1944. Les condamnés, enfermés dans la chapelle désaffectée du château de Forbin-Janson, étaient exécutés dans une clairière voisine. Parmi les victimes figurent des figures emblématiques comme Honoré d’Estienne d’Orves, Gabriel Péri, ou les membres du réseau du Musée de l’Homme. Le mémorial de la France combattante, inauguré par le général de Gaulle en 1960, honore leur mémoire.
Le site abrite aujourd’hui la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information (DIRISI IDF/8e RT), ainsi qu’un musée des transmissions et un colombier militaire. Un circuit mémoriel retrace les derniers pas des fusillés, tandis qu’une cloche en bronze, inaugurée en 2003, porte les noms des 1 008 victimes identifiées. Le Mont-Valérien reste un lieu de commémorations nationales, notamment pour l’appel du 18 Juin.
Architecturalement, le fort conserve des vestiges des époques antérieures : la crypte du XVIIe ou XIXe siècle, le bâtiment de 1812 (musée), le château de Forbin-Janson (mess des officiers), et la chapelle de 1828, réutilisée comme lieu de détention pendant l’Occupation. Classé Monument Historique pour plusieurs de ses éléments, le site incarne à la fois l’histoire militaire française et la mémoire de la Résistance.