Crédit photo : François Sicard (1862–1934) Autres noms François-L - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1918-1921
Création et inauguration
Création et inauguration
1918-1921 (≈ 1920)
Commande à Sicard, souscription, inauguration avec Clemenceau.
mars 1941
Vandalisme allemand
Vandalisme allemand
mars 1941 (≈ 1941)
Décapitation de la statue par des soldats.
1942
Restauration par Belmondo
Restauration par Belmondo
1942 (≈ 1942)
Réparation de la tête sous l’Occupation.
1965
Tentative d’attentat de l’OAS
Tentative d’attentat de l’OAS
1965 (≈ 1965)
Lors de la visite de De Gaulle.
1966
Surélévation du monument
Surélévation du monument
1966 (≈ 1966)
Travaux routiers sur le carrefour.
1998
Classement monument historique
Classement monument historique
1998 (≈ 1998)
Inscription officielle par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument (cad. AC, non cadastré) : inscription par arrêté du 15 juillet 1998
Personnages clés
| Georges Clemenceau - 'Le Tigre', Père la Victoire |
Inaugura le monument en 1921. |
| François-Léon Sicard - Sculpteur du monument |
Ami de Clemenceau, auteur du groupe. |
| Paul Belmondo - Sculpteur restaurateur |
Répara la tête en 1942. |
| Jean-Jacques Susini - Membre de l’OAS |
Organisa l’attentat de 1965. |
Origine et histoire
Le monument à Georges Clemenceau à Sainte-Hermine (Vendée) est un hommage au 'Père la Victoire', surnommé aussi 'le Tigre', pour son rôle durant la Première Guerre mondiale. Érigé au 1er quart du XXe siècle, il est l’œuvre du sculpteur François-Léon Sicard, un proche de Clemenceau, assisté plus tard par Paul Belmondo pour des restaurations. Le projet naît en 1920 via une souscription publique locale, avec une pétition adressée au préfet de Vendée. Le monument, taillé dans un bloc de calcaire bourguignon, représente Clemenceau en manteau et chapeau mou, dominant une tranchée où six poilus le contemplent, symbolisant son lien avec les soldats.
L’inauguration a lieu le 2 octobre 1921 en présence de Clemenceau lui-même, sur un carrefour stratégique (anciennes routes nationales 137 et 148). Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1941, des soldats allemands vandalisent la statue, décapitant Clemenceau. La tête, conservée à Saint-Vincent-sur-Jard, est restaurée en 1942 par Belmondo, puis à nouveau en 1955. En 1966, le monument est surélevé lors de travaux routiers. Classé aux monuments historiques en 1998, il reste un symbole local, lié à l’enfance de Clemenceau à proximité (château de l’Aubraie à La Réorthe), où il exerça aussi comme médecin.
Sainte-Hermine, commune vendéenne marquée par la guerre de Vendée et la Révolution, a une histoire mouvementée. Le monument s’inscrit dans un contexte de reconstruction post-Grande Guerre et de mémoire des conflits. Clemenceau, figure controversée mais respectée, y est honoré pour son attachement à la région. Le choix du carrefour, aujourd’hui moins central depuis le déclassement des routes nationales, reflète l’importance passée de la ville comme nœud de communication entre Nantes, Niort et La Rochelle.
Le monument a survécu à des tentatives de destruction, comme celle de l’OAS en 1965 lors d’une visite du général de Gaulle. Il attire des personnalités politiques (Vincent Auriol, Jacques Chirac) et incarne la résistance républicaine. Son iconographie, mêlant tranchée et figure civile, illustre le rôle de Clemenceau comme lien entre le front et l’arrière. La restauration de 1942 par les occupants allemands, bien que paradoxale, souligne son statut de patrimoine à préserver, même pour l’ennemi.
Architecturalement, l’œuvre de Sicard se distingue par son unité : un bloc monolithe représentant à la fois le leader et les soldats, sans hiérarchie visuelle excessive. Le calcaire de Pouilleray, choisi pour sa durabilité, a résisté aux outrages du temps. Le tertre fleuri ajouté en 1966 renforce sa visibilité, malgré le déclin de l’ancien carrefour. Aujourd’hui, le monument reste un point de mémoire locale, associé au festival d’Histoire de France de Sainte-Hermine et à la maison Clemenceau de Saint-Vincent-sur-Jard, où sa tête restaurée est conservée.