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Monument à la gloire du service de santé militaire dans le Rhône

Monument à la gloire du service de santé militaire

    208 Boulevard Jean XXIII
    69008 Lyon 8e Arrondissement
Propriété publique
Crédit photo : Kennydu69 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1933
Lancement du concours national
1936
Sélection du projet Bellemain-Bertola
1937-1938
Construction du monument
1938
Inauguration et timbre commémoratif
15 novembre 1984
Déplacement du monument
13 mars 2019
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le monument à la gloire du service de santé militaire, avec son podium, situé à l'angle du boulevard Jean XXIII et de l'avenue des Frères Lumière (cad. non cadastré) : inscription par arrêté du 13 mars 2019

Personnages clés

Paul Bellemain - Architecte Concepteur du monument avec Bertola.
Louis Bertola - Sculpteur Auteur des bas-reliefs en taille directe.
Professeur Nicolas - Président du comité organisateur Médecin-colonel honoraire, légion d’honneur.
Édouard Herriot - Maire de Lyon Soutien politique et financier du projet.

Origine et histoire

Le monument à la gloire du service de santé militaire est érigé en 1938 dans le 8e arrondissement de Lyon, à l’angle du boulevard Jean XXIII et de l’avenue des Frères Lumière. Il commémore l’action des médecins et infirmiers militaires, notamment pendant la Première Guerre mondiale, à travers une composition pyramidale dominée par une allégorie de la Victoire armée d’une épée. Les bas-reliefs représentent des scènes médicales (brancardiers, infirmières, soldats blessés) et des symboles comme le caducée ou un chien sauveteur marqué d’une croix rouge. Le monument s’inscrit dans un quartier dédié à la santé, proche de l’hôpital Édouard-Herriot et de la faculté de Médecine.

Le projet naît d’un concours national lancé en 1933 par le Comité du Monument National élevé à la Mémoire des Membres du Service de Santé Morts pour la France, présidé par le professeur Nicolas (médecin-colonel honoraire). Soutenu par le maire Édouard Herriot, le financement repose sur une souscription nationale. Parmi 21 propositions, le projet de l’architecte Paul Bellemain et du sculpteur Louis Bertola est retenu en 1936. Bertola, connu pour ses bas-reliefs en taille directe (comme ceux du monument de l’Île aux Cygnes à Paris), réalise les sculptures en ciment frais, une technique moderne pour l’époque. Le monument est inauguré en 1938, puis déplacé en 1984 lors du réaménagement du quartier, passant du 3e au 8e arrondissement.

Classé monument historique en 2019, ce monument tardif reflète une double mémoire : celle des sacrifices médicaux pendant la Grande Guerre et une dimension coloniale, honorant les soins apportés sur les territoires d’outre-mer (Indochine, Madagascar, Maroc, etc.). Les discours d’inauguration, marqués par les tensions des années 1930, évoquent moins l’espoir d’une paix durable que la préparation à un nouveau conflit. Le monument intègre aussi des références aux innovations médicales (radiographie, chirurgie dentaire) et aux risques modernes comme les gaz toxiques. Aujourd’hui, son état sanitaire précaire (encrassement, lisibilité réduite) contraste avec sa valeur artistique et historique, soulignée par son inscription parmi les 40 monuments aux morts protégés d’Auvergne-Rhône-Alpes.

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