Frise chronologique
7-8 avril 1915
Mort de Louis Pergaud
Mort de Louis Pergaud
7-8 avril 1915 (≈ 8)
Bataille de la Woëvre, Verdun.
1924-1925
Lancement de la souscription
Lancement de la souscription
1924-1925 (≈ 1925)
Financement public pour le monument.
1931
Fonte de la statue
Fonte de la statue
1931 (≈ 1931)
Réalisée par Alexis Rudier d’après Bourdelle.
19 juin 1932
Inauguration officielle
Inauguration officielle
19 juin 1932 (≈ 1932)
En présence de ministres et personnalités.
1939-1945
Menace de destruction
Menace de destruction
1939-1945 (≈ 1942)
Sauvé des réquisitions allemandes.
11 janvier 2024
Protection monument historique
Protection monument historique
11 janvier 2024 (≈ 2024)
Inscription par arrêté préfectoral.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument à Louis Pergaud, en totalité, situé Parc Micaud 19 avenue Édouard Droz, assis sur une parcelle non cadastrée, contiguë à la parcelle 147 de la section CX du cadastre de la commune, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 11 janvier 2024
Personnages clés
| Louis Pergaud - Écrivain et soldat |
Hommage posthume pour son œuvre. |
| Antoine Bourdelle - Sculpteur du monument |
Auteur des plans avant 1929. |
| Charles Léger - Historien et ami de Pergaud |
Initiateur du comité mémoriel. |
| Georges Rousset - Adjoint au maire de Besançon |
Sauva le monument en 1940. |
| Alexis Rudier - Fondeur de la statue |
Réalisa la fonte en 1931. |
| Anatole de Monzie - Ministre de l'Éducation (1932) |
Présent à l’inauguration. |
Origine et histoire
Le monument à Louis Pergaud est une œuvre en bronze réalisée par Antoine Bourdelle, érigée en hommage à l’écrivain Louis Pergaud, mort tragiquement lors de la Première Guerre mondiale. Né d’une initiative locale soutenue par la revue Franche-Comté et Monts Jura, le projet fut financé par souscription publique entre 1924 et 1925. Bourdelle en dessina les plans avant sa mort en 1929, et ses collaborateurs finalisèrent la statue, fondue en 1931 par Alexis Rudier. Le monument représente Pergaud en uniforme de poilu, avec une écharpe portant la devise franc-comtoise, et son socle grave les titres de ses œuvres majeures comme La Guerre des boutons.
Inauguré le 19 juin 1932 en présence de personnalités politiques et littéraires, dont les ministres Anatole de Monzie et Jules Durand, ainsi que des membres de l’Académie française et de la famille Pergaud, le monument devint un symbole mémoriel. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il échappa à la destruction grâce à l’intervention d’élus locaux, dont Georges Rousset, qui défendirent sa valeur artistique et historique face aux réquisitions allemandes. Cette préservation en fit un emblème de résistance culturelle.
Le monument fut inscrit aux monuments historiques le 11 janvier 2024, après des avis favorables de la Commission régionale du patrimoine (2023) et de la Commission nationale (2022). La DRAC de Bourgogne-Franche-Comté et le conseil municipal de Besançon, propriétaire de l’œuvre, soutinrent cette protection. Son histoire reflète à la fois l’hommage à un écrivain martyr et la volonté de sauvegarder un patrimoine artistique et mémoriel.
Louis Pergaud, mobilisé comme sergent pendant la Première Guerre mondiale, disparut en avril 1915 lors de la bataille de la Woëvre, près de Verdun. Gravement blessé et capturé par les Allemands, il mourut peu après, sans que son corps ne soit retrouvé. Son destin tragique, couplé à son succès littéraire (La Guerre des boutons), renforça la dimension symbolique du monument, célébrant à la fois son talent et son sacrifice.
La statue, située dans le parc Micaud à Besançon (Doubs), est un exemple remarquable de l’art commémoratif du début du XXe siècle. Elle illustre aussi le rôle des monuments publics dans la transmission de la mémoire collective, notamment celle des écrivains et soldats tombés pendant les conflits. Son inscription récente comme monument historique souligne son importance patrimoniale et artistique.