Frise chronologique
1875
Début des pèlerinages royalistes
Début des pèlerinages royalistes
1875 (≈ 1875)
Premier rassemblement annuel le 29 septembre.
1883
Mort du comte de Chambord
Mort du comte de Chambord
1883 (≈ 1883)
Déclin du pèlerinage initial.
20 février 1889
Création de la Société de Saint-Henri
Création de la Société de Saint-Henri
20 février 1889 (≈ 1889)
Lancement de la souscription pour le monument.
1891
Inauguration du monument
Inauguration du monument
1891 (≈ 1891)
Œuvre d'Édouard Deperthes et Alfred Caravanniez.
1928
Interdiction du pèlerinage
Interdiction du pèlerinage
1928 (≈ 1928)
Fin des rassemblements organisés.
20 décembre 2019
Classement monument historique
Classement monument historique
20 décembre 2019 (≈ 2019)
Protection officielle de l'ensemble statuaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument au comte de Chambord, avec l’ensemble de sa statuaire en bronze, ses murs, sa grille et le sol d’assiette de son jardin, tel que délimité sur le plan annexé à l’arrêté (cad. AL 13) : inscription par arrêté du 20 décembre 2019
Personnages clés
| Henri d'Artois (comte de Chambord) - Prétendant légitimiste au trône |
Dédicataire du monument, mort en 1883. |
| Athanase de Charette - Initiateur de la souscription |
Fonde la Société de Saint-Henri en 1889. |
| Édouard Deperthes - Architecte du monument |
Conçoit la structure pyramidale en 1891. |
| Alfred Caravanniez - Sculpteur des statues |
Auteur des cinq figures en bronze. |
| Ferdinand Barbedienne - Fondeur des statues |
Réalise la fonte pour 70 000 francs. |
| Léonard Fañch Soubigou - Sénateur légitimiste |
Modèle supposé pour la statue de Du Guesclin. |
Origine et histoire
Le monument au comte de Chambord est une sculpture monumentale érigée en 1891 à Sainte-Anne-d'Auray, dans le Morbihan. Il rend hommage à Henri d'Artois, prétendant légitimiste au trône de France sous le nom d'Henri V. Ce projet naît après sa mort en 1883, grâce à une souscription lancée par des royalistes bretons, dont Athanase de Charette, pour relancer un pèlerinage politique déclinant. Le monument, conçu par l'architecte Édouard Deperthes et sculpté par Alfred Caravanniez, symbolise l'attachement monarchiste d'une région alors dominée par des élus légitimistes.
Le pèlerinage annuel du 29 septembre, initié en 1875, rassemble des foules pour prier le retour du roi. Après 1883, une société civile, la Société de Saint-Henri, achète un terrain et commande le monument. Les cinq statues en bronze, fondues par Ferdinand Barbedienne pour 70 000 francs, représentent le comte agenouillé en tenue de sacre, entouré de figures emblématiques : Jeanne d'Arc, sainte Geneviève, le chevalier Bayard et Du Guesclin. Ces choix reflètent l'idéologie légitimiste, mêlant religion et nostalgie monarchique.
Le monument, de style historiciste fin XIXe, survit aux bouleversements politiques. Interdit en 1928, il échappe à la destruction pendant l'Occupation (1940-1944) et aux bombardements de la poche de Lorient. Après des tentatives de relance infructueuses (1950, 1983), il est restauré en 2012, et son jardin, initialement prévu mais jamais réalisé, est enfin aménagé. En 2015, le duc d'Anjou, prétendant légitimiste actuel, s'y rend lors d'une cérémonie officielle.
Classé monument historique en 2019, le site reste un symbole des divisions politiques locales. Les pèlerinages, autrefois massifs, s'étiolent après la Première Guerre mondiale avec l'affaiblissement de l'influence monarchiste. Aujourd'hui, le monument attire encore des groupes traditionalistes, bien que son usage religieux soit désormais apolitique. Son iconographie, mêlant sacralité et pouvoir, illustre les tensions entre mémoire légitimiste et République.
La composition pyramidale, typique du goût pompier, associe un piédestal de granit orné des armoiries de France à des statues allégoriques. La statue sommitale, représentant Henri V en prière avec les regalia (couronne, épée Joyeuse, colliers royaux), incarne l'espoir d'une Restauration. Les figures secondaires, comme Du Guesclin au visage inspiré du sénateur légitimiste Léonard Soubigou, soulignent le lien entre élites locales et cause monarchiste. Ce monument privé, financé par des châtelains, témoigne d'une époque où religion et politique s'entremêlaient étroitement en Bretagne.