Origine et histoire de la croix de Pen-Hir
Le Monument aux Bretons de la France libre, dit Croix de Penhir, est érigé sur la pointe de Pen-Hir à Camaret-sur-Mer, dans le Finistère. Ce site naturel spectaculaire, marqué par des falaises de grès armoricain hautes de 70 mètres, surplombe la mer d’Iroise et offre un panorama exceptionnel sur les côtes bretonnes, des pointes du Léon à celles de Cornouaille. La pointe, formée il y a environ 460 millions d’années, est un lieu symbolique, marqué par des formations géologiques uniques comme les Tas de Pois, des stacks granitiques émergés.
Inauguré dans les années 1960 par le général de Gaulle, le monument commémore l’engagement des Bretons dans la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Il porte notamment la devise bretonne « Kentoc’h mervel eget em zaotra » (« Plutôt la mort que la souillure ») et une citation de l’appel du 18 juin 1940. Construit en granite bleu de Brennilis entre 1949 et 1951, il est l’œuvre de l’architecte Jean-Baptiste Mathon (connu pour la reconstruction de Brest) et du sculpteur François Victor Bazin. Sa forme moderne, une croix de Lorraine massive de 15 mètres, contraste avec les éléments régionaux comme les inscriptions en breton et le matériau local.
Le monument est inscrit aux Monuments historiques depuis le 21 mai 1996. Il célèbre aussi l’association Sao Breiz, fondée en Grande-Bretagne par des Bretons exilés pendant la guerre. Son emplacement, face à la mer, rappelle que nombreux sont ceux qui ont fui par cette voie pour rejoindre les Forces françaises libres. Le général de Gaulle, lors de son inauguration le 15 juillet 1951, y a rendu hommage à leur contribution. La croix intègre une sculpture féminine en ronde-bosse, une frise d’hommes en haut-relief, et une plaque reprenant un vers de Baudelaire : « Homme libre, toujours tu chériras la mer ».
La pointe de Pen-Hir, au-delà de son rôle mémoriel, est un site géologique remarquable. Ses falaises, composées de grès armoricain et de schistes briovériens, datent de l’Ordovicien et du Dévonien (entre -480 et -360 millions d’années). Les Tas de Pois, anciens Tas de Foin, sont des formations rocheuses emblématiques, tandis que les plages voisines, comme celle du Veryac’h, exposent des couches sédimentaires fossilisées (trilobites, graptolites). Ce paysage, façonné par l’érosion et les plis hercyniens, attire aussi cinéastes et artistes, comme la chaîne japonaise NHK ou la série française La Main du mal.