Frise chronologique
20 octobre 1941
Assassinat de Karl Hotz
Assassinat de Karl Hotz
20 octobre 1941 (≈ 1941)
Attentat déclenchant les représailles allemandes.
22 octobre 1941
Fusillade des 27 otages
Fusillade des 27 otages
22 octobre 1941 (≈ 1941)
Exécution dans la sablière de Châteaubriant.
22 octobre 1944
Premières commémorations
Premières commémorations
22 octobre 1944 (≈ 1944)
Hommages spontanés après la Libération.
22 octobre 1950
Inauguration du monument
Inauguration du monument
22 octobre 1950 (≈ 1950)
Œuvre d’Antoine Rohal pour l’Amicale.
7 mai 1993
Classement du site
Classement du site
7 mai 1993 (≈ 1993)
Reconnaissance officielle du lieu mémoriel.
17 octobre 2016
Protection Monument Historique
Protection Monument Historique
17 octobre 2016 (≈ 2016)
Inscription du monument de Rohal.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument aux Fusillés, réalisé par le sculpteur Antoine Rohal en 1950, érigé sur le site de la carrière des Fusillés, au lieu-dit « La Sablière », y compris son socle avec les alvéoles et la parcelle correspondante, selon l'emprise délimitée par un trait rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. B 209) : inscription par arrêté du 17 octobre 2016
Personnages clés
| Karl Hotz - Feldkommandant de Nantes |
Victime de l’attentat déclenchant les fusillades. |
| Pierre Pucheu - Ministre de l’Intérieur de Vichy |
Fournit la liste des otages à fusiller. |
| Guy Môquet - Jeune résistant communiste |
Fusillé à 17 ans, symbole mémoriel. |
| Antoine Rohal - Sculpteur du monument |
Auteur de l’œuvre inaugurée en 1950. |
| Gilbert Brustlein - Membre de l’Organisation spéciale |
Auteur de l’attentat contre Hotz. |
| Jean Grandel - Maire communiste de Gennevilliers |
Fusillé, conseiller général de la Seine. |
Origine et histoire
Le Monument aux fusillés de Châteaubriant est situé dans une sablière, dite carrière des Fusillés, où 27 prisonniers politiques, principalement communistes, furent exécutés le 22 octobre 1941 par les forces allemandes. Ces fusillades furent une représailles à l’assassinat de Karl Hotz, Feldkommandant de Nantes, tué deux jours plus tôt par un commando communiste. Les victimes, détenues au camp de Choisel, furent choisies sur une liste établie par le ministre de l’Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu, désignant des « prisonniers dangereux ». Aucun des fusillés n’était impliqué dans l’attentat contre Hotz.
L’exécution s’inscrit dans un contexte de durcissement de la répression nazie en 1941, marqué par des attentats communistes en France après l’entrée en guerre de l’URSS. Les Allemands adoptèrent une stratégie d’exécutions massives d’otages pour dissuader la Résistance. Les 27 hommes, dont Guy Môquet (17 ans) et des élus comme Jean Grandel ou Charles Michels, refusèrent d’avoir les yeux bandés et chantèrent La Marseillaise avant leur mort. Leur sacrifice devint un symbole de la résistance antifasciste.
Dès 1944, des commémorations spontanées eurent lieu sur le site. Le monument actuel, sculpté par Antoine Rohal, fut inauguré en 1950 grâce à l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, une association d’anciens internés. Il intègre 183 alvéoles contenant de la terre de lieux d’exécutions similaires en France. Le site, classé en 1993 et protégé comme Monument Historique en 2016, fut réaménagé en 2018 pour en faire un parcours mémoriel.
La carrière des Fusillés illustre la collaboration du régime de Vichy avec l’occupant nazi, via des listes de prisonniers fournies par la police française. Parmi les victimes figuraient des instituteurs, des ouvriers, des élus, et des jeunes militants, reflétant la diversité sociale de la Résistance. Leur mémoire est honorée chaque année, notamment par des dépôts de gerbes et des cérémonies scolaires.
Le monument de Rohal, sobre et symbolique, représente neuf poteaux évoquant les trois salves de fusillade. Son socle porte les noms des 27 fusillés, tandis que des plaques rappellent les circonstances historiques. Le site, propriété de l’Amicale, reste un lieu de pèlerinage pour les familles des victimes et les associations mémorielles.