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Monument aux morts à Gentioux-Pigerolles dans la Creuse

Monument aux morts

    11 Place du Monument
    23340 Gentioux-Pigerolles
Propriété de la commune
Monument aux morts
Monument aux morts
Monument aux morts
Monument aux morts
Monument aux morts
Monument aux morts
Monument aux morts
Monument aux morts
Crédit photo : Original téléversé par Zorixe sur Wikipédia frança - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1914-1918
Première Guerre mondiale
1922
Création du monument
1985
Inauguration officielle tardive
9 février 1990
Inscription aux Monuments Historiques
juillet 2023
Premier acte de vandalisme
novembre 2023
Second acte de vandalisme
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Monument aux Morts, sur la place principale du bourg (cad. non cadastré) : inscription par arrêté du 9 février 1990

Personnages clés

Jules Coutaud - Maire de Gentioux (1920-1965) Initiateur du monument, ancien combattant gazé.
Jean-Marie Duburgt - Conseiller municipal et ébéniste Auteur du modèle en bois du monument.
Jules Pollachi - Sculpteur Créateur de la statue de l’orphelin en fonte.
Émile Eglizeaud - Entrepreneur en taille de pierre Constructeur de la structure du monument.
Félix Baudy - Soldat fusillé pour l’exemple (1915) Symbole associé aux cérémonies annuelles.

Origine et histoire

Le monument aux morts de Gentioux-Pigerolles, situé dans le département de la Creuse en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice pacifiste emblématique du début du XXe siècle. Érigé en 1922 à l’initiative du maire Jules Coutaud, ancien combattant et membre de la SFIO, il se distingue par son message antimilitariste : un enfant en tenue d’écolier, sculpté en fonte par Jules Pollachi, lève le poing vers l’inscription « Maudite soit la guerre ». Ce monument, financé par souscription publique et subventions, commémore les 58 soldats morts pendant la Première Guerre mondiale, auxquels s’ajoutent cinq noms d’autres conflits.

Conçu par le conseiller municipal Jean-Marie Duburgt, le monument est réalisé par des artisans locaux : la sculpture est fondue par E. Guichard, et l’ensemble est construit par l’entrepreneur Émile Eglizeaud pour un coût total de 11 640 francs. Contrairement aux monuments traditionnels, celui de Gentioux exprime une révolte contre la guerre, reflétant les valeurs socialistes et pacifistes de ses concepteurs. Son inauguration en 1922 se fait sans représentation préfectorale, en raison d’une circulaire interdisant les manifestations antimilitaristes sous la Troisième République.

Le monument, haut de 3,80 mètres et large de 2,78 mètres, est composé d’une colonne en granit surmontée de palmes, symbolisant la paix ou la victoire. Les noms des victimes sont gravés en lettres d’or sur une plaque de marbre blanc. Frappé d’opprobre par les autorités, il ne reçoit une reconnaissance officielle qu’en 1985, lors d’une cérémonie improvisée en présence du préfet. Inscrit aux monuments historiques depuis le 9 février 1990, il devient un lieu de pèlerinage pour les militants pacifistes, qui s’y rassemblent chaque 11 novembre pour entonner La Chanson de Craonne et rendre hommage aux victimes de la guerre.

Le monument est aussi lié à la mémoire de Félix Baudy, soldat fusillé pour l’exemple en 1915 et réhabilité en 1934, dont la tombe se trouve dans la commune voisine de Royère-de-Vassivière. Une plaque portant l’inscription « Maudite soit la guerre - Maudits soient ses bourreaux » y est apposée, renforçant le symbole de résistance et de mémoire collective. Chaque année, des associations comme la Ligue des droits de l’Homme ou la Libre Pensée organisent des rassemblements pour perpétuer son message pacifiste.

En juillet et novembre 2023, le monument est vandalisé à deux reprises : d’abord tagué avec les prénoms de jeunes tués lors d’interventions policières, puis recouvert de symboles palestiniens et de slogans pro-palestiniens. Ces actes, rapidement effacés, soulignent l’actualité politique et mémorielle de ce lieu. Malgré ces incidents, le monument reste un symbole fort du rejet de la guerre et du militarisme, attirant des visiteurs et des militants du monde entier.

Son histoire est également popularisée par des œuvres culturelles, comme la bande-dessinée Maudite soit la guerre de Didier Daeninckx et Pef (2014), ou la chanson Gentioux et Termignon du groupe Entre 2 Caisses. Ces créations contribuent à ancrer le monument dans la mémoire collective comme un héritage pacifiste et républicain, unique en son genre en France.

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