Origine et histoire
Le monument aux morts d'Aix-les-Bains est dédié aux victimes de la Première Guerre mondiale. Initialement prévu sous forme d'une plaque commémorative, la ville opte finalement pour un monument plus imposant après la loi de 1919 sur l’édification des monuments aux morts. En 1921, le conseil municipal relance le projet et confie sa réalisation au sculpteur Alfred Boucher, choisi après l'annulation d'un concours. Le monument est inauguré au square du Gigot, rebaptisé plus tard square Alfred Boucher, en hommage à son créateur.
Le monument se distingue par sa composition artistique : un fût surmonté de soldats et de figures symboliques, dont des poilus émergent du sol, représentant les quatre armes (infanterie, cavalerie, artillerie, aviation) et des groupes assis incarnant l'Alsace, la Lorraine et la Savoie. Alfred Boucher, résident estival d'Aix-les-Bains, utilise une technique de modelage sur ciment, visible aussi dans une autre de ses œuvres locale, le monument à l'Alsace et à la Lorraine, situé rue Claude-Seyssel.
Inscrit aux monuments historiques depuis le 24 mai 2019, le monument a subi plusieurs restaurations, notamment en 1964, 2006 et 2014. Cependant, la dernière intervention, en 2014, a été critiquée pour son hydrogommage et sa polychromie jugés inadaptés, altérant les détails originaux du modelage de Boucher. Ce monument fait partie d’un ensemble de 40 monuments protégés en Auvergne-Rhône-Alpes pour leur valeur patrimoniale.
Le choix d’Alfred Boucher s’explique par ses liens étroits avec la ville, où il possédait une résidence estivale. Le maire annula même le concours initial pour lui confier directement la réalisation. Le monument, situé dans un lieu très passant, symbolise à la fois la victoire et le deuil, avec une représentation réaliste des soldats et des allégories régionales. Son emplacement initial, prévu dans le parc floral des Thermes, fut finalement modifié pour le square actuel.
Un autre groupe sculpté par Boucher, représentant l’Alsace et la Lorraine, était à l’origine offert à un ami avant d’être placé dans l’espace public, rue Claude-Seyssel. Non restauré, ce groupe témoigne encore aujourd’hui de la texture originale des œuvres du sculpteur. Il est proposé que ce second monument soit également protégé, bien qu’il appartienne actuellement à une SCI (Société Civile Immobilière).