Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument aux morts, en totalité, avec sa calade, situés place de l'Eglise, non cadastré, tel que figuré en violet sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 28 décembre 2021
Personnages clés
Pierre Fix-Masseau - Sculpteur
Auteur du bas-relief Art déco.
Paul Chanut - Gantier local
Ami de Fix-Masseau, intercesseur probable.
Désiré Godard - Fondeur
A réalisé la fonte du bas-relief.
Origine et histoire
Le monument aux morts de Saint-Martin-Valmeroux, situé en Auvergne-Rhône-Alpes, a été commandé en 1920 par la commune et érigé en 1922. L’œuvre, réalisée par le sculpteur parisien Pierre Fix-Masseau, a probablement bénéficié de l’intervention de Paul Chanut, un gantier local ami de l’artiste. Ce monument commémore 62 soldats de la commune morts pendant la Première Guerre mondiale. Son style Art déco et son approche humaniste, loin des représentations héroïques traditionnelles, en font une œuvre singulière.
Le monument se compose d’un socle en galets, d’une stèle encadrée par deux marches, et d’un bas-relief en façade représentant une allégorie profane de la Victoire soutenant un soldat mourant, nu hormis son casque. Cette scène, évoquant une pietà laïque, contraste avec les monuments traditionnels par son réalisme et sa sensibilité symboliste. Les noms des victimes sont gravés sur deux plaques de bronze à l’arrière, surmontées de l’inscription « St Martin Valmeroux à ses enfants morts pour la France ».
Classé monument historique depuis le 28 décembre 2021 (après une première inscription en 2019), ce monument illustre l’évolution des représentations mémorielles après la Grande Guerre. Le bas-relief, fondu par Désiré Godard, mêle influences Art déco – visibles dans les drapés stylisés et les visages graves – et symbolistes, reflétant la dualité entre douleur terrestre et élévation spirituelle. La nudité du soldat, rare pour l’époque, renforce l’universalité et l’humanité du sacrifice.
Pierre Fix-Masseau (1869–1937), directeur de l’École nationale d’art décoratif de Limoges et représentant du symbolisme et de l’Art nouveau, a marqué ce monument de sa signature artistique. Le choix de ce sculpteur aurait été facilité par son amitié avec Paul Chanut, gantier de Saint-Martin-Valmeroux. L’œuvre, située place de l’Église, est aujourd’hui protégée en totalité, y compris sa calade environnante, et reste un témoignage poignant de la mémoire locale.
Le monument s’inscrit dans un contexte post-Grande Guerre où les communes françaises érigeaient des hommages aux soldats tombés au combat. À Saint-Martin-Valmeroux, comme ailleurs, ces monuments devenaient des lieux de recueillement et de transmission de la mémoire collective. L’approche laïque et humaniste de Fix-Masseau, évitant toute glorification militaire, reflète une volonté de pacification et de deuil partagé par les communautés rurales d’Auvergne.