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Monument aux Morts de la guerre 14-18 à Arcachon en Gironde

Monument aux Morts de la guerre 14-18

    33120 Arcachon
Propriété de la commune
Monument aux Morts de la guerre 14-18
Monument aux Morts de la guerre 14-18
Monument aux Morts de la guerre 14-18
Monument aux Morts de la guerre 14-18
Monument aux Morts de la guerre 14-18
Monument aux Morts de la guerre 14-18
Crédit photo : Szeder László - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1919
Projet initial de Roger-Henri Expert
1922
Victoire de Maspoli au concours
11 novembre 1924
Inauguration officielle
3 février 2015
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le monument aux morts de la guerre 1914-1918 situé place de Verdun, en totalité, avec son jardin et sa grille (cad. AK domaine public non cadastré, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 3 février 2015

Personnages clés

Alexandre Maspoli - Sculpteur et athlète Auteur du monument, champion d'haltérophilie.
Roger-Henri Expert - Architecte arcachonnais Projet initial non retenu en 1919.
Ramon Bon - Maire d'Arcachon (1924) Présent à l'inauguration du monument.
James Veyrier Montagnères - Ancien maire (1897-1922) Assista à l'inauguration en 1924.

Origine et histoire

Le monument aux morts d'Arcachon, réalisé par le sculpteur Alexandre Maspoli en 1924, se distingue par son message pacifiste marqué. Situé place Verdun (ancien rond-point Deganne), il est dominé par une allégorie de la Victoire, soutenue par des soldats sans visage enveloppés dans leurs linceuls, symbolisant l'anonymat et le sacrifice ultime. Autour du socle, des pleureuses incarnent la douleur des familles ayant perdu un père, un mari ou un enfant, tandis qu'un vieillard résinier et une ostréicultrice rappellent les activités traditionnelles du bassin d'Arcachon. Les inscriptions pacifistes, comme « PAX - LABOR » (« Paix - Travail ») et « POUR LE DROIT - POUR LA PAIX », soulignent l'aspiration à un avenir sans conflit, une rareté pour les monuments commémoratifs de l'époque, souvent centrés sur la gloire militaire.

L'histoire du monument débute en novembre 1919, lorsque l'architecte Roger-Henri Expert, originaire d'Arcachon, propose un premier projet symbolique : un glaive reposant sur deux colonnes de pierre blanche, devant porter les noms des enfants de la ville morts pour la patrie. Ce projet, jugé trop sobre ou peut-être trop abstrait, ne sera pas retenu. En 1922, un concours est organisé, remporté par Alexandre Maspoli, sculpteur lyonnais et champion du monde d'haltérophilie, dont la proposition alliant force expressive et message humaniste séduit le jury. Le monument est finalement inauguré le 11 novembre 1924, en présence de figures locales comme le maire Ramon Bon, le député Pierre Dignac, et l'ancien maire James Veyrier Montagnères, marquant ainsi l'aboutissement d'un processus commémoratif de cinq ans.

Classé aux monuments historiques par arrêté du 3 février 2015, le monument aux morts d'Arcachon se distingue aussi par son intégration urbaine et paysagère. Il est protégé « en totalité, avec son jardin et sa grille », soulignant l'importance de son environnement dans la perception globale de l'œuvre. La localisation sur la place Verdun, cœur symbolique de la ville, renforce son rôle de lieu de recueillement et de mémoire collective. Les matériaux et la composition reflètent une volonté de transcender la simple commémoration pour évoquer une réflexion universelle sur les coûts humains de la guerre, tout en ancrant l'œuvre dans le contexte local, à travers des figures représentatives des métiers du bassin.

Le choix d'une approche pacifiste, rare pour l'époque, s'inscrit dans un courant minoritaire mais croissant après 1918, où certaines communes ou artistes refusent de glorifier la guerre. À Arcachon, ce parti pris artistique s'explique peut-être par l'impact particulièrement lourd du conflit sur une petite communauté côtière, où chaque perte se ressentait profondément. Les soldats « sans visages » et « emmurés dans leur linceul » évoquent une mort collective et anonyme, contrastant avec les monuments héroïques plus traditionnels. Ce memorial devient ainsi un témoignage poignant des contradictions de l'après-guerre : entre le deuil intime et la reconstruction nationale, entre la célébration des vainqueurs et la condamnation implicite de la violence.

Liens externes

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