Origine et histoire du Monument aux morts de la guerre de 1914-1918
Le monument aux morts de Salon-de-Provence est un hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale, construit dans le cimetière Saint-Roch. Son originalité tient à son intégration dans une falaise existante, où un caveau funéraire préexistant, commandé par le banquier Marius Conte-Devolx, a déterminé son emplacement. Le concours pour sa réalisation est lancé en 1923 par ce dernier, et le sculpteur Eugène Piron est sélectionné en 1924. Le monument est inauguré le 11 novembre 1925, marquant ainsi la mémoire collective locale.
Le monument se distingue par sa composition sculpturale évocatrice : une brèche trapézoïdale taillée dans la roche, au centre de laquelle un clairon, représentant un Poilu avec ses attributs militaires, domine la scène. Flanqué de deux groupes de soldats émergeant du rocher comme des esprits, il symbolise le sacrifice et la résurrection. En contrebas, des blocs dispersés portent les noms des disparus, tandis qu’une dédicace « À nos morts, 1914-1918 » est gravée au sommet de la falaise. L’accès se fait par un parvis bordé de cyprès, soulignant le caractère solennel du lieu.
Avant sa construction, la falaise abritait des chapelles et monuments funéraires, remplacés pour intégrer ce projet mémoriel. Le site, classé monument historique en 2011, illustre une approche artistique et topographique unique, où la nature et la sculpture s’unissent pour honorer les défunts. La propriété en revient à la commune de Salon-de-Provence, et son état de conservation est suivi depuis son classement.
Le choix de Marius Conte-Devolx, banquier influent du Crédit commercial de France, reflète un engagement personnel et local dans la commémoration. Eugène Piron, sculpteur sélectionné, a su traduire dans la pierre l’émotion et le devoir de mémoire, en créant une œuvre à la fois monumentale et intime. L’inauguration en 1925, date symbolique de l’armistice, renforce son ancrage dans l’histoire collective.
Aujourd’hui, le monument reste un lieu de recueillement et un témoignage artistique de l’après-guerre. Sa localisation dans le cimetière Saint-Roch, accessible par l’allée de la Liberté, en fait un point central de la mémoire salonaise. Les éléments protégés incluent l’intégralité du monument, soulignant son importance patrimoniale et historique pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.