Frise chronologique
1923
Approbation des plans
Approbation des plans
1923 (≈ 1923)
Conseil municipal valide le projet de Robbe.
29 mars 1924
Marché avec Le Morvan
Marché avec Le Morvan
29 mars 1924 (≈ 1924)
Contrat pour socle et sculptures (56 500 F).
23 octobre 1924
Fondations en béton armé
Fondations en béton armé
23 octobre 1924 (≈ 1924)
Marché avec Joseph Saintot (5 980 F).
1925
Restauration de l'écolier
Restauration de l'écolier
1925 (≈ 1925)
Georges Laëthier remplace la statue endommagée.
28 juillet 2004
Inscription monument historique
Inscription monument historique
28 juillet 2004 (≈ 2004)
Protection de l’ensemble et éléments enfouis.
1er quart XXe siècle
Période de construction
Période de construction
1er quart XXe siècle (≈ 2025)
Contexte post-Première Guerre mondiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument aux morts, avec sa coursière arrière et ses éléments antérieurs enfouis sous la chaussée (cad. domaine public, non cadastré, section AC) : inscription par arrêté du 28 juillet 2004
Personnages clés
| Paul Robbe - Architecte |
Concepteur du monument et des maquettes. |
| Albert David - Sculpteur |
Auteur du bas-relief *L’Attaque*. |
| Joseph Le Morvan - Sculpteur et entrepreneur |
Réalisa socle et sculptures principales. |
| Georges Laëthier - Sculpteur restaurateur |
Remplace l’écolier endommagé en 1925. |
| Henri Robbe - Modèle |
Fils de Paul Robbe, pose pour l’écolier. |
Origine et histoire
Le monument aux morts de Jougne, situé place du Mont-d'Or, a été conçu par l'architecte local Paul Robbe en 1924. Il commémore les 50 soldats de la commune morts pendant la Première Guerre mondiale, auxquels s'ajoutent 2 noms de la Seconde Guerre mondiale. Le projet retenu (projet B) fut préféré à une version jugée trop sobre (projet A), dont les maquettes en plâtre sont aujourd’hui exposées au musée municipal. Les sculptures, réalisées en marbre de Carrare, incluent une allégorie de la France (Marianne au bonnet phrygien), un poilu au repos, un obus entouré de lauriers, et un écolier lisant les noms des disparus. Un bas-relief en bronze, signé Albert David, représente une scène d’attaque réaliste.
La construction fut confiée à des artisans locaux et régionaux : Joseph Le Morvan (sculpteur et entrepreneur, basé en Haute-Saône) réalisa une partie des éléments pour 56 500 francs, tandis que Joseph Saintot de Pontarlier s’occupa des fondations en béton armé (5 980 francs). La statue de l’écolier, endommagée en 1925, fut restaurée par Georges Laëthier de Besançon, qui modifia sa posture (cartable sous le bras au lieu de la bandoulière). Le monument, inscrit aux monuments historiques en 2004, repose sur une plate-forme ornée de canons pointés vers la frontière suisse, reflétant le contexte géopolitique de l’époque.
Symboliquement, le monument associe plusieurs figures : la République (Marianne), l’armée (le poilu), la jeunesse (l’écolier) et la mémoire des batailles (noms gravés sur des livres : Marne, Verdun, Somme...). Les matériaux nobles (granit, marbre, bronze) et les motifs art nouveau du garde-corps soulignent son importance commémorative. Les deux maquettes originales, conservées au musée de Jougne, témoignent du processus créatif de Robbe, tandis que les archives mentionnent des marchés publics passés en 1923-1924 pour sa réalisation.
L’inscription aux monuments historiques en 2004 protège l’ensemble du monument, y compris sa coursière arrière et les éléments enfouis sous la chaussée, suite à la surélévation de la place en 1925. Cette modification a fait disparaître les bordures d’origine, visibles sur d’anciennes cartes postales. Aujourd’hui, le monument reste un lieu de recueillement central à Jougne, illustrant l’art commémoratif des années 1920 et l’hommage rendu aux soldats du Doubs.