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Monument aux morts du cimetière des Carmes à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme

Monument aux morts du cimetière des Carmes

    10 Rue Buffon
    63100 Clermont-Ferrand
Propriété de la commune

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1922
Commande du monument
1924
Inauguration
28 décembre 2021
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le monument aux morts, en totalité, situé près de l'entrée du cimetière des Carmes, sur la parcelle n°92, section LS du cadastre, tel que figuré en violet sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 28 décembre 2021

Personnages clés

André Papillard - Architecte Concepteur du monument, formé aux Beaux-Arts.
Jean Camus - Sculpteur Auteur des bas-reliefs et allégories.
Pierre Coulon - Artisan Créateur du brasero en fer forgé.

Origine et histoire

Le monument aux morts du cimetière des Carmes, situé à Clermont-Ferrand, a été conçu dans le cadre d’un concours commun avec celui de la Place Salford. Il devait inclure un ossuaire en sous-sol et un péristyle, selon les spécifications initiales. Le maire de Clermont-Ferrand alloua un budget de 450 000 francs pour ériger deux monuments « dignes des héros » à glorifier. Ce projet fut confié en 1922 à l’architecte André Papillard et au sculpteur Jean Camus, et le monument fut inauguré en 1924.

L’édifice adopte la forme d’un mastaba, inspiré des temples égyptiens, avec une façade parallélépipédique surmontée d’une corniche. Deux colonnes d’ordre dorique, dépourvues de chapiteaux, encadrent l’entrée, supportant un bahut gravé d’une inscription commémorative. Une figure allégorique égyptienne, coiffée d’un némès, y soulève des palmes symbolisant le martyre. Des obélisques latéraux renforcent la symétrie de l’ensemble, tandis qu’un emmarchement mène à une cella abritant plaques commémoratives et un brasero en fer forgé et bronze.

À l’intérieur, un espace rectangulaire baigné d’une lumière zénithale dissimulée abrite un bas-relief représentant deux brancardiers emportant un soldat blessé. Une allégorie féminine ailée, évoquant la Victoire ou la Patrie, y déploie une banderole portant l’inscription « Gloria in pace ». Les murs latéraux listent les noms des 3 000 Clermontois morts durant la guerre, sur une population de 65 386 habitants en 1918. Ce monument, classé en totalité en 2021, illustre une fusion d’influences antiques au service de la mémoire collective.

André Papillard (1880-1964), architecte formé aux Beaux-Arts, fut également responsable de l’aménagement du stade Philippe-Marcombes à Clermont-Ferrand. Il conçut aussi le monument aux morts d’Arbois, sa ville natale, marqué par une même inspiration antique. Jean Camus (1877-1955), sculpteur élève de Barrias, se spécialisa dans les œuvres commémoratives et réalisa au moins dix autres monuments dans le Puy-de-Dôme. Leur collaboration pour ce projet reflète une recherche esthétique et symbolique, alliant rigueur architecturale et sensibilité sculpturale.

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