Frise chronologique
2 mai 1794
Destruction de l'arbre de la liberté
Destruction de l'arbre de la liberté
2 mai 1794 (≈ 1794)
66 condamnations à mort prononcées par le tribunal révolutionnaire.
4 mai 1795
Inauguration du monument
Inauguration du monument
4 mai 1795 (≈ 1795)
Réhabilitation du village par Jean Bry.
23 juillet 2009
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
23 juillet 2009 (≈ 2009)
Protection officielle du monument en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument en totalité (cad. F domaine public, non cadastré) : inscription par arrêté du 23 juillet 2009
Personnages clés
| Jean Bry - Représentant du gouvernement |
Organisa la réhabilitation de Bédoin en 1795. |
Origine et histoire
La Pyramide de Bédoin est une stèle commémorative érigée en mémoire des victimes de la Révolution française. Elle se situe dans la commune de Bédoin, en Vaucluse, et a été construite à la suite d’événements tragiques survenus en 1794. Dans la nuit du 2 mai 1794, l’arbre de la liberté et les décrets de la Convention affichés sur la maison commune furent détruits. En représailles, un tribunal révolutionnaire fut installé sur place, condamnant 66 personnes à mort par guillotine. Les exécutions eurent lieu immédiatement, suivies de mesures punitives : taxes révolutionnaires, incendies de maisons, stérilisation des terres au sel, et déportation des habitants restants dans les villages voisins sous assignation à résidence.
Le village, surnommé « Bédoin l’Infâme », fut rayé des cartes administratives. Deux mois plus tard, avec la fin du régime de la Terreur, Jean Bry, représentant du gouvernement, fut envoyé pour apaiser les tensions. Le 4 mai 1795, lors d’une fête laïque, il réhabilita officiellement le village et inaugura le monument commémoratif à l’emplacement des exécutions. Ce monument, composé d’un autel de la patrie surmonté d’une colonne, fut surnommé « La Pyramide ». Une plaque en marbre noir y grava un message de consolation, évoquant la justice rétablie après « un an de pleurs ».
Inscrit aux monuments historiques depuis le 23 juillet 2009, le monument rappelle aujourd’hui cet épisode sombre de l’histoire locale. Il symbolise à la fois la répression révolutionnaire et la tentative de réconciliation nationale qui suivit. La stèle, propriété de la commune, se dresse place des Écoles, au cœur de Bédoin, comme un témoignage silencieux des violences et des espoirs de cette période.