Frise chronologique
1716
Naissance de Joseph Sec
Naissance de Joseph Sec
1716 (≈ 1716)
Naît à Cadenet dans une famille aisée.
1763
Acquisition des statues jésuites
Acquisition des statues jésuites
1763 (≈ 1763)
Achat après dissolution de l'ordre.
1792
Achèvement du monument
Achèvement du monument
1792 (≈ 1792)
Inauguration le 26 février, dédié à la municipalité.
23 février 1794
Décès de Joseph Sec
Décès de Joseph Sec
23 février 1794 (≈ 1794)
Mort à Aix-en-Provence à 78 ans.
10 mars 1969
Classement monument historique
Classement monument historique
10 mars 1969 (≈ 1969)
Protection officielle de l'édifice et annexes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Monument de Joseph Sec (y compris les constructions annexes) (cad. L 192, 193, 193bis, 194) : classement par arrêté du 10 mars 1969
Personnages clés
| Joseph Sec - Commanditaire et concepteur |
Bourgeois jacobin, maître menuisier et promoteur. |
| Barthélémy Chardigny - Sculpteur présumé |
Auteur probable des bas-reliefs du monument. |
| Pierre Pavillon - Sculpteur des statues |
A réalisé les sept figures bibliques (1663–1670). |
| Michel Vovelle - Historien spécialiste |
A analysé le syncrétisme symbolique du monument. |
| Louis XVI - Figure représentée |
Profil gravé sur le piédestal de Thémis. |
Origine et histoire
Le monument Joseph Sec, situé 8 avenue Pasteur à Aix-en-Provence, fut érigé en 1792 par Joseph Sec (1716–1794), un bourgeois jacobin et maître menuisier devenu promoteur immobilier. Ce mausolée pyramidal, dédié à la municipalité « observatrice de la loi », célèbre la loi et la justice à travers un syncrétisme de symboles bibliques, maçonniques et révolutionnaires. La statue de Thémis domine l’édifice, tandis que Moïse, Saint Jean-Baptiste et des allégories de l’Europe et de l’Afrique ornent les façades. Quatre cartouches portent des inscriptions moralisatrices, dont une datée du « 4me de la Liberté 1792 ».
Joseph Sec, né à Cadenet dans une famille aisée, s’installa à Aix où il accumula une fortune grâce au commerce du bois et à la construction de quartiers nord de la ville. Pénitent gris et franc-maçon présumé, il conçut ce monument comme un testament idéologique, reflétant son ascension sociale et ses convictions. Les bas-reliefs, attribués à Barthélémy Chardigny, et les sept statues bibliques en pierre de Calissane (acquises après la dissolution des Jésuites en 1763) renforcent son caractère unique. Le monument, classé en 1969, échappa aux destructions post-révolutionnaires.
Le côté jardin abrite une galerie de statues représentant des figures de l’Ancien Testament, initialement destinées au collège des Jésuites d’Aix. Ces œuvres, sculptées par Pierre Pavillon entre 1663 et 1670, furent achetées par Sec lors de la vente des biens jésuites. Une statue disparue d’Esther et un plâtre commémorant un ouvrier tué pendant les travaux (décrit en 1894) témoignent des transformations du site. L’ensemble, propriété de la commune, illustre le passage d’un ordre ancien à la Révolution, à travers le prisme d’un autodidacte éclairé.
Michel Vovelle souligne que le monument incarne un « hymne à la loi », mêlant références religieuses et républicaines. Le profil de Louis XVI sur le piédestal de Thémis suggère une ambiguïté politique, entre fidélité monarchique et adhésion aux idéaux révolutionnaires. Ce cénotaphe, rare exemple conservé de l’art révolutionnaire provençal, offre une clé pour comprendre les mentalités d’une époque charnière, où tradition et modernité s’entrelacent dans une œuvre à la fois personnelle et collective.