Origine et histoire du Monument du général Kléber
Le monument du général Kléber, érigé sur la place éponyme à Strasbourg, honore Jean-Baptiste Kléber, héros des guerres révolutionnaires assassiné au Caire en 1800. Ses cendres, initialement enterrées en Égypte puis transférées au château d'If, arrivent à Strasbourg en 1818 sur décision de Louis XVIII. Après un passage dans la cathédrale, elles sont inhumées en 1838 dans un caveau central, surmonté d'une statue en bronze inaugurée en 1840, quarante ans après sa mort.
Pendant l'annexion allemande de 1870 à 1918, le monument reste intact, mais les nazis, lors de la Seconde Guerre mondiale, déplacent la dépouille et la statue pour germaniser la ville. Libérée en 1945, Strasbourg rétablit le monument et son nom d'origine. Classé en 1946 puis déclassé en 1952, il demeure un symbole fort, mêlant identité alsacienne et patriotisme français, au cœur des commémorations et événements locaux.
La statue, œuvre de Philippe Grass, représente Kléber tenant la lettre de l'amiral britannique Elphinstone, avec un sphinx évoquant l'Égypte. Le mausolée porte des plaques commémoratives des batailles d'Héliopolis et d'Altenkirchen, ainsi qu'une biographie et une épitaphe. Aujourd'hui, le monument domine la place Kléber, lieu central de Strasbourg, notamment pendant le marché de Noël avec son sapin emblématique.
Le général Kléber, né à Strasbourg, a marqué l'histoire par ses victoires, comme celle d'Héliopolis en 1800, avant son assassinat au Caire. Son corps, embaumé par le médecin Larrey, fut caché au château d'If jusqu'en 1814. Le transfert à Strasbourg en 1818, puis l'inhumation solennelle en 1838, reflètent les tensions politiques de l'époque, entre mémoire républicaine et restauration monarchique. Le monument, bien que déclassé en 1952, reste un lieu de mémoire active.
Les déplacements successifs des cendres et de la statue illustrent les bouleversements historiques de l'Alsace, entre annexions allemandes et rattachement à la France. Sous l'Occupation nazie, la volonté de germanisation pousse au déménagement du monument, rétabli après 1945. Aujourd’hui, le lycée, le collège et le quai portant son nom perpétuent son héritage à Strasbourg, ville où son souvenir est profondément ancré.