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Monument mégalithique, dit Allée couverte de Saint-Eugène, sur le domaine de Russol à Laure-Minervois dans l'Aude

Monument mégalithique, dit Allée couverte de Saint-Eugène, sur le domaine de Russol

    Route Sans Nom11800 Laure-Minervois
Propriété privée
Monument mégalithique, dit Allée couverte de Saint-Eugène, sur le domaine de Russol
Monument mégalithique, dit Allée couverte de Saint-Eugène, sur le domaine de Russol
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Monument mégalithique, dit Allée couverte de Saint-Eugène, sur le domaine de Russol
Crédit photo : ArnoLagrange - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
2300 av. J.-C.
2200 av. J.-C.
0
1900
2000
Chalcolithique (vers 2500–2000 av. J.-C.)
Construction du dolmen
1924–1928
Fouilles de Germain Sicard
12 novembre 1931
Classement Monument Historique
1964
Restauration par Jean Guilaine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Monument mégalithique, dit Allée couverte de Saint-Eugène, sur le domaine de Russol (cad. A 125) : classement par arrêté du 12 novembre 1931

Personnages clés

Germain Sicard - Archéologue Fouilles initiales (1924–1928) et découvertes majeures.
Jean Guilaine - Archéologue et restaurateur Restauration en 1964 et fouilles complémentaires.

Origine et histoire

L’allée couverte de Saint-Eugène, située sur la commune de Laure-Minervois dans l’Aude, est un monument mégalithique exceptionnel daté du Chalcolithique. Ce grand dolmen à couloir, orienté sud-nord, se compose de trois parties distinctes : un couloir de 4 mètres, une antichambre de 5,60 mètres et une chambre funéraire de 5 mètres. L’ensemble, bordé d’orthostates, était initialement recouvert de tables de pierre aujourd’hui disparues. Un tumulus circulaire de 22 mètres de diamètre, consolidé par 20 dalles levées, entoure la structure. Selon l’archéologue Jean Guilaine, il s’agit davantage d’un « dolmen à couloir » que d’une allée couverte classique, en raison de son rétrécissement progressif vers l’entrée.

Le site a été fouillé entre 1924 et 1928 par Germain Sicard, qui y a découvert les restes d’environ 300 individus ainsi qu’un mobilier funéraire remarquable : objets en cuivre (poignard, alènes, anneaux), perle en or, pointes de flèches en silex et obsidienne, pendeloques, et céramiques incisées. Ces artefacts, complétés par les fouilles de Jean Guilaine en 1964 (perles en calcaire, stéatite, tessons de poterie), datent d’une période charnière entre le Chalcolithique et le début de l’âge du bronze. Le monument, violé dès l’époque romaine (traces d’amphores), témoigne de pratiques funéraires collectives et d’échanges culturels à grande échelle.

Classé monument historique par arrêté du 12 novembre 1931, le dolmen de Saint-Eugène a bénéficié d’une restauration en 1964 sous la direction de Jean Guilaine. Les travaux ont permis de stabiliser la structure et d’affiner les connaissances sur son architecture et son usage. Les découvertes archéologiques, aujourd’hui conservées et étudiées, offrent un éclairage précieux sur les sociétés préhistoriques du sud de la France. L’édifice illustre ainsi l’évolution des pratiques funéraires entre le Néolithique final et l’âge des métaux, marquant une transition vers des sociétés plus hiérarchisées.

Le mobilier exhumé comprend également des éléments symboliques ou rituels, tels que 17 palettes en schiste vert, des coquillages perforés (porcelaines et cardium), et des dents animales (sanglier, bovidés, cervidés). Ces objets suggèrent des croyances complexes liées à la mort et à la protection des défunts. La diversité des matériaux (or, cuivre, obsidienne, schiste) atteste de réseaux d’approvisionnement étendus, reliant la région à des zones lointaines comme la Méditerranée ou les Alpes. Le site, aujourd’hui accessible, reste un témoignage majeur du mégalithisme occitan.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours