Frise chronologique
1919
Décision municipale
Décision municipale
1919 (≈ 1919)
Lancement du projet par la mairie.
14 février 1920
Signature du contrat
Signature du contrat
14 février 1920 (≈ 1920)
Devis de 11 700 francs avec Armand Bloch.
1921
Inauguration
Inauguration
1921 (≈ 1921)
Achèvement et révélation du monument.
19 décembre 2022
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
19 décembre 2022 (≈ 2022)
Protection totale du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument aux morts, en totalité, situé 35 grande rue (sous le porche de la mairie), sur la parcelle n° 411, figurant au cadastre section AC, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 19 décembre 2022
Personnages clés
| Armand Bloch - Sculpteur |
Auteur du monument, spécialiste régional. |
| Julie Vergon - Institutrice |
Cousine de Bloch, possible intermédiaire. |
| Elisabeth Vergon - Modèle présumé |
Fille de Julie, inspiratrice possible. |
| Jean Frédéric Jules Fallot - Architecte |
Concepteur de la mairie-école (1877-1901). |
Origine et histoire
Le monument aux morts d'Abbévillers, situé dans le département du Doubs en Bourgogne-Franche-Comté, est un hommage aux 18 habitants morts pendant la Première Guerre mondiale. Il se distingue par son intégration architecturale : un moyen-relief en marbre blanc encastré sous le porche de la mairie, au 35 Grande Rue. L'œuvre représente une jeune fille en costume traditionnel local, la diaichotte, tenant un laurier et un étendard avec les noms des soldats disparus. Des symboles agricoles (gerbe, charrue) rappellent la vocation rurale de la commune, tandis que les armoiries d'Abbévillers couronnent l'ensemble. Une inscription rend hommage aux « ENFANTS TOMBÉS AU CHAMP D'HONNEUR 1914-1918 ».
Le monument est l’œuvre du sculpteur Armand Bloch (1866-1933), originaire de Montbéliard, spécialiste des monuments funéraires et commémoratifs. Le projet est lancé en 1919 par la mairie, avec un devis de 11 700 francs signé en février 1920. Bloch, formé à Paris et proche des réseaux franc-comtois, réalise ici une œuvre typique de son style, mêlant symbolisme patriotique et références locales. Le choix de l'artiste pourrait être lié à Julie Vergon, institutrice d'Abbévillers et cousine germaine de Bloch, facilitant ainsi la commande. Le monument est inauguré en 1921, peu après la reconstruction de la mairie-école (1877-1901) par l'architecte Jean Frédéric Jules Fallot.
La figure féminine sculptée, vêtue du costume traditionnel luthérien de Montbéliard (fichu diairi, tablier), pourrait représenter Elisabeth Vergon (1900-1993), fille de l'institutrice et future peintre. Formée aux Arts décoratifs de Paris, elle considérait Bloch comme son maître. Ce monument, parmi les 11 réalisés par l'artiste dans la région entre 1919 et 1924, illustre l'après-guerre en Franche-Comté : des communes rurales, souvent protestantes, honorant leurs morts par des œuvres à forte identité locale. Classé Monument Historique en décembre 2022, il incarne à la fois le deuil collectif et la fierté régionale.
Abbévillers, village alors profondément rural et protestant, reflète à travers ce monument les valeurs de résilience et de mémoire. La charrue et la gerbe de blé soulignent l'ancrage agricole, tandis que le laurier et l'étendard évoquent le sacrifice militaire. L'emplacement sous le porche de la mairie, lieu central de la vie communautaire, renforce son rôle de lieu de recueillement et de transmission. Le marbre blanc, matériau noble, contraste avec la simplicité du cadre, symbolisant l'élévation des héros locaux. Ce monument, à la fois artistique et historique, témoigne des réseaux culturels et familiaux qui ont façonné la Franche-Comté au sortir de la Grande Guerre.