Frise chronologique
1916
Projet initial
Projet initial
1916 (≈ 1916)
Comité autour d'Édouard Herriot propose une mosquée.
19 août 1920
Loi de financement
Loi de financement
19 août 1920 (≈ 1920)
Subvention de 500 000 francs votée.
19 octobre 1922
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
19 octobre 1922 (≈ 1922)
En présence du maréchal Lyautey.
15 juillet 1926
Inauguration officielle
Inauguration officielle
15 juillet 1926 (≈ 1926)
Par Gaston Doumergue et le sultan Moulay Youssef.
1940-1944
Rôle dans la Résistance
Rôle dans la Résistance
1940-1944 (≈ 1942)
Refuge pour Juifs et alliés.
9 décembre 1983
Classement monument historique
Classement monument historique
9 décembre 1983 (≈ 1983)
Inscription à l'inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Mosquée de Paris et Institut musulman (cad. 05 : 02 AL 103) : inscription par arrêté du 9 décembre 1983
Personnages clés
| Maurice Tranchant de Lunel - Architecte |
Concepteur des plans inspirés de Fès. |
| Si Kaddour Benghabrit - Recteur fondateur |
Dirige la mosquée de 1926 à 1954. |
| Édouard Herriot - Sénateur |
Porteur du projet initial en 1916. |
| Hamza Boubakeur - Recteur (1957-1982) |
Nommé pendant la guerre d'Algérie. |
| Dalil Boubakeur - Recteur (1992-2020) |
Fils de Hamza, modernise l'institution. |
| Chems-Eddine Hafiz - Recteur depuis 2020 |
Lance observatoire des droits et prix littéraire. |
Origine et histoire
La Grande Mosquée de Paris, inaugurée le 15 juillet 1926, est la première mosquée métropolitaine française dédiée au culte. Construite dans un style hispano-mauresque inspiré des mosquées de Fès, elle commémore les 100 000 soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. Financée par l’État via une loi de 1920 et gérée par la Société des habous, elle contourne la loi de 1905 sur la laïcité grâce à son statut d’Institut musulman.
Le projet, porté dès 1916 par le sénateur Édouard Herriot, s’inscrit dans une volonté politique de renforcer les liens avec les colonies nord-africaines. Les plans de Maurice Tranchant de Lunel, exécutés par Robert Fournez, Maurice Mantout et Charles Heubès, intègrent des matériaux traditionnels (zelliges, faïences) réalisés par des artisans marocains. Le minaret de 33 mètres, inspiré de la mosquée Zitouna de Tunis, domine un ensemble de 7 500 m2 pouvant accueillir 1 000 fidèles.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la mosquée joue un rôle clé dans la Résistance, abritant des Juifs et des parachutistes alliés. Son recteur, Si Kaddour Benghabrit, aurait délivré des certificats d’identité musulmane pour sauver des vies. Après 1945, elle devient un lieu symbolique de l’islam français, tout en restant liée à l’Algérie, notamment via ses recteurs comme Hamza Boubakeur (1957-1982) ou Dalil Boubakeur.
Classée monument historique en 1983, la mosquée abrite aussi un institut théologique, un restaurant, un hammam et des boutiques. Son architecture, mêlant béton armé et décors traditionnels, en fait un exemple unique du patrimoine religieux du XXe siècle. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte, de culture et de mémoire, tout en étant au cœur de débats sur la représentation de l’islam en France.
Les controverses récentes portent sur sa gouvernance, son ouverture aux femmes (exclues de la salle de prière principale depuis 2013) et ses liens avec l’Algérie. En 2020, le recteur Chems-Eddine Hafiz lance des initiatives comme l’Observatoire des droits ou un prix littéraire, tout en réaffirmant l’autonomie de l’institution face aux tensions géopolitiques (Algérie-Maroc).