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Frise chronologique
1180
Première citation écrite
Première citation écrite
1180 (≈ 1180)
Mention de la motte castrale.
1186
Cession à l’abbaye de l’Île Barbe
Cession à l’abbaye de l’Île Barbe
1186 (≈ 1186)
Vente par Étienne II de Villars.
1460
Résistance aux troupes savoyardes
Résistance aux troupes savoyardes
1460 (≈ 1460)
Siège repoussé par le château.
XVe siècle
Abandon progressif
Abandon progressif
XVe siècle (≈ 1550)
Départ des habitants et moines.
1665
Échange avec l’archevêque de Lyon
Échange avec l’archevêque de Lyon
1665 (≈ 1665)
Passage à Camille de Neufville.
19 septembre 1989
Classement monument historique
Classement monument historique
19 septembre 1989 (≈ 1989)
Inscription officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Motte castrale (cad. A 137 à 139) : inscription par arrêté du 19 septembre 1989
Personnages clés
| Adalard de Villars - Seigneur de Ligneux (vers 1100) |
Premier propriétaire connu du site. |
| Ulric de Villars - Fils d’Adalard |
Vend la seigneurie en 1186. |
| Étienne II de Villars - Cousin et acquéreur |
Cède le site à l’abbaye. |
| Guichard - Abbé de l’Île Barbe (1186) |
Nouveau propriétaire monastique. |
| Camille de Neufville de Villeroy - Archevêque de Lyon (1665) |
Acquiert Ligneux par échange. |
| Amédée VIII - Duc de Savoie (XVe siècle) |
Assiège le château en 1460. |
Origine et histoire
La motte castrale de Saint-Jean-de-Thurigneux, aussi appelée poype de Ligneux, est une fortification de terre érigée au XIIe siècle. Citée dès 1180, elle se dresse sur un site artificiellement surélevé au cœur du plateau de la Dombes, à 1,5 km de la route vers Rancé. Ce monument, typique de l’architecture militaire médiévale, était initialement entouré de murs en briques et surmonté d’une tour octogonale, aujourd’hui disparus. Seuls subsistent le tertre tronconique de 11 mètres de haut, ses fossés en eau, et une basse-cour elliptique de 100x200 mètres, protégée par des remparts de terre.
L’histoire du site est marquée par des changements de propriétaires influents. Au XIIe siècle, Adalard de Villars, chevalier, en est le seigneur avant qu’Ulric de Villars ne la cède en 1186 à l’abbaye de l’Île Barbe. Le castellum cum burgo (château avec bourg) reste sous contrôle monastique jusqu’en 1665, date à laquelle il est échangé contre le fief de Pollet à Camille de Neufville de Villeroy, archevêque de Lyon. Le site, associé à un prieuré, résiste en 1460 aux troupes d’Amédée VIII de Savoie, mais décline dès le XVe siècle, abandonné par ses habitants et les moines.
Au XVIIe siècle, la motte conserve encore des vestiges d’un manoir pentagonal en briques, probablement construit sur les fondations d’anciennes structures. Des fouilles du XXe siècle ont révélé ces restes, ainsi qu’un système défensif complexe : un fossé en croissant séparait le tertre de la basse-cour, elle-même ceinte de remparts. Classée monument historique en 1989, la poype de Ligneux illustre l’évolution des fortifications de terre en Dombes, passant d’un rôle stratégique à un abandon progressif.
Le site, peu transformé depuis sa création, offre un exemple rare de motte castrale préservée. Son tertre de 36 mètres de diamètre à la base et ses fossés en eau reflètent les techniques de défense médiévales. La basse-cour, surélevée et elliptique, témoigne d’une organisation spatiale conçue pour abriter une communauté (habitants, moines, ou soldats). L’abandon définitif du site coïncide avec la perte de son utilité militaire et religieuse, marquant la fin de son rôle central dans la châtellenie de Dombes.
Les sources historiques, comme les travaux de Marie-Claude Guigue (1873) ou les rapports archéologiques des années 1980, soulignent son importance régionale. La motte est aujourd’hui protégée pour sa valeur patrimoniale, offrant un aperçu tangible du Moyen Âge central en Auvergne-Rhône-Alpes. Son inscription aux monuments historiques en 1989 consacre sa préservation comme vestige clé de l’histoire féodale locale.