Frise chronologique
1181
Destruction du château
Destruction du château
1181 (≈ 1181)
Baudouin V de Hainaut rase le manoir seigneurial.
Début XIIIe siècle
Occupation par Gilles Brousse
Occupation par Gilles Brousse
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Seigneur de Denain et Hasencort vend ses terres.
1726
Construction de la ferme
Construction de la ferme
1726 (≈ 1726)
Date gravée sur le porche d’entrée.
1840
Intégration à la compagnie minière
Intégration à la compagnie minière
1840 (≈ 1840)
Devenue partie de la concession d’Azincourt.
1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 (≈ 1988)
Protection de la motte et basse-cour.
1997
Création de l’association
Création de l’association
1997 (≈ 1997)
Projet de réinsertion sociale et culturelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Motte centrale avec basse-cour (cad. U 708) : inscription par arrêté du 6 décembre 1988
Personnages clés
| Baudouin V de Hainaut - Comte de Hainaut |
Détruisit le château en 1181. |
| Gérard de Douai - Prévôt et seigneur d’Émerchicourt |
Cause du conflit avec Baudouin V. |
| Gilles Brousse (ou Broisse) - Seigneur de Denain et Hasencort |
Vendit les terres au XIIIe siècle. |
| Comte de Moutiers - Propriétaire et ambassadeur |
Finança la rénovation au XIXe siècle. |
Origine et histoire
La motte castrale d'Émerchicourt, aussi appelée château d'Hasencort ou ferme d'Azincourt, est un site historique millénaire situé dans le département du Nord. Initialement évoquée comme une motte féodale ou un tertre funéraire gaulois, elle fut le lieu d’un château détruit en 1181 par Baudouin V de Hainaut. Ce dernier punissait ainsi Gérard, prévôt de Douai et seigneur d’Émerchicourt, pour avoir blessé son cousin Berniers. Le neveu de Gérard, Wuillaume de Rœulx, vengea l’affront en tuant un familier du comte, entraînant la destruction des biens de la famille et du village de Rœulx.
Au début du XIIIe siècle, Gilles Brousse (ou Broisse), seigneur de Denain et d’Hasencort, occupa les lieux et vendit progressivement ses terres d’Azincourt, notamment aux religieuses des Prés en 1225 et 1238, puis à des particuliers en 1251. La motte, typique des forteresses médiévales, comportait un tertre circulaire entouré de fossés, une palissade en bois, et une tour. Les fouilles suggèrent aussi une possible origine gauloise, bien que non confirmée.
La ferme actuelle, construite en 1726 sur le tertre, devint un domaine agricole prospère avant d’être intégrée à la Compagnie des mines d’Azincourt en 1840. Au XIXe siècle, elle abritait une distillerie et fut modernisée par le comte de Moutiers, ambassadeur à Constantinople, qui y financa des travaux de drainage. Les terres, riches en calcaire, furent exploitées pour l’agriculture et l’extraction minière, avec des vestiges comme le cavalier d’Azincourt et une carrière toujours visible.
Au XXe siècle, la ferme changea plusieurs fois de mains : propriété d’Alfred Locquet (1940–1968), puis d’Étienne Van De Weghe, avant d’être transformée en haras dans les années 1980. En 1997, une association y créa un site de réinsertion sociale et culturelle. En 2012, le projet initial de centre touristique fut abandonné au profit d’une fauconnerie, après un rachat controversé par la communauté de communes Cœur d’Ostrevent.
Le site conserve des éléments remarquables : un tertre de 200 pieds de diamètre au sommet, des fossés encore visibles à l’ouest, et des souterrains présumés. Les armoiries historiques d’Hasencort, d’argent à l’aigle de gueules, rappellent son passé seigneurial. La motte et sa basse-cour sont classées Monument Historique depuis 1988.
Le contexte archéologique régional révèle une densité de mottes castrales dans le Douaisis, comme à Auby, Écaillon ou Bugnicourt, reflétant le morcellement du pouvoir médiéval. Ces forteresses servaient à asseoir l’autorité d’une aristocratie locale, dans une période marquée par l’affaiblissement des comtes et la montée des seigneuries châtelaines.