Frise chronologique
Néolithique final
Réutilisation du monument
Réutilisation du monument
Néolithique final (≈ 2770 av. J.-C.)
Traces d'occupation artenacienne détectées.
Ve-IVe millénaires av. J.-C.
Construction du tumulus
Construction du tumulus
Ve-IVe millénaires av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Édification durant le Néolithique moyen.
1848
Première mention écrite
Première mention écrite
1848 (≈ 1848)
Cité par l’abbé Michon.
1982-1983
Première fouille archéologique
Première fouille archéologique
1982-1983 (≈ 1983)
Dirigée par E. Gauron.
22 avril 1991
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
22 avril 1991 (≈ 1991)
Protection initiale du tumulus.
11 décembre 2015
Classement complet du monument
Classement complet du monument
11 décembre 2015 (≈ 2015)
Protection totale des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tumulus (cad. ZI 125, 126) : inscription par arrêté du 22 avril 1991. Accord du propriétaire au classement du 2 juin 2014. Présentation en CRPS du 30 septembre 2014. Commission nationale des Monuments historiques du 16 mars 2015 : proposition de classement des vestiges archéologiques et du sol des parcelles contenant le monument tumulaire. Classement MH en totalité le 11 décembre 2015 considérant que sa conservation "présente au point de vue de l'histoire de l'art, un intérêt public, car il constitue un témoignage de premier plan du néolithique en Charente, avec son exceptionnelle architecture et sa dimension paysagère, et parce qu'il forme une réserve archéologique importante pour la compréhension de l'évolution préhistorique régionale.
Personnages clés
| Abbé Michon - Historien local |
Premier à mentionner le site (1848). |
| Auguste-François Lièvre - Chercheur |
Étudie le monument en 1881. |
| Claude Burnez - Archéologue |
Analyse le site en 1976. |
| Emmanuel Gauron - Archéologue |
Dirige les fouilles de 1982-1983. |
| Vincent Ard - Archéologue |
Responsable des fouilles de 2014. |
Origine et histoire
La Motte de la Jacquille est un tumulus daté du Néolithique, situé sur la commune de Fontenille, dans le département de la Charente. Ce monument funéraire mégalithique, édifié entre le Ve et le IVe millénaire avant J.-C., a été réutilisé au Néolithique final, comme en témoignent les céramiques artenaciennes découvertes sur place. Il se distingue par sa structure circulaire de 31 mètres de diamètre et 2,8 mètres de hauteur, ainsi que par une chambre funéraire rectangulaire délimitée par onze orthostates bouchardés, dont certaines dalles proviennent d’un monument antérieur démantelé.
Le site a été mentionné pour la première fois par l’abbé Michon en 1848, puis étudié par plusieurs chercheurs, dont Auguste-François Lièvre en 1881 et Claude Burnez en 1976. Il a subi des fouilles clandestines à plusieurs reprises (1914, 1923, 1960, 1978-1979) avant des campagnes archéologiques officielles en 1982-1983, dirigées par E. Gauron, et en 2014 par Vincent Ard. Le monument a été inscrit aux monuments historiques en 1991, puis classé en totalité en 2015 pour son intérêt architectural et archéologique exceptionnel.
L’architecture de la Motte de la Jacquille est unique en Europe, notamment grâce à sa porte en pierre mobile, la plus ancienne connue en France. Cette porte, composée d’une dalle de 1,10 m de hauteur équipée de gonds tronconiques, pivotait dans une crapaudine creusée dans la dalle de seuil. La chambre funéraire, accessible par un couloir coudé de 11 mètres de long, contenait les restes d’au moins 24 individus (16 adultes et 8 enfants), accompagnés d’objets funéraires : céramiques, outils en silex, éléments de parure et outillage en os.
Les fouilles ont révélé deux types de céramiques : l’une épaisse et brun-rougeâtre, typique du Néolithique moyen régional, et l’autre fine et noire à décors incisés, attribuée au Néolithique final (période artenacienne). Parmi les artefacts lithiques, on compte des armatures de flèches tranchantes, des grattoirs et des poinçons en os. Le site, exploité comme carrière et endommagé par des pilleurs, conserve néanmoins une valeur scientifique majeure pour comprendre les pratiques funéraires et l’évolution préhistorique en Charente.
Situé à 112 mètres d’altitude, le tumulus domine le paysage environnant, offrant une vue sur d’autres monuments mégalithiques comme les tumuli de Tusson et de la Folatière. Son classement comme monument historique souligne son importance paysagère, architecturale et archéologique, en faisant un témoignage clé du Néolithique dans le Centre-Ouest de la France. L’original de la porte en pierre est aujourd’hui conservé au musée d’Angoulême, tandis qu’une copie est visible sur le site.