Origine et histoire
La motte castrale de Villars, ou poype, est une fortification de terre érigée au Xe siècle sur la commune de Villars-les-Dombes (Ain, Auvergne-Rhône-Alpes). À l’origine, elle se trouvait en périphérie du village médiéval, groupé autour d’une église romane. Le tertre artificiel, aujourd’hui au centre du bourg, supporte les ruines d’une tour ronde en briques datée de 940. Des fouilles ont révélé une église romane enfouie du XIe siècle, construite sur une tour carrée du Xe siècle, elle-même incorporant des blocs gallo-romains. La basse-cour, entourée de fossés, fut intégrée à une enceinte urbaine au XIIIe siècle.
La poype fut le cœur d’une seigneurie, puis d’une baronnie, d’un comté et enfin d’un marquisat. Au XIIe siècle, Étienne Ier de Villars engage des droits sur le fief à Humbert de Beaujeu, confirmés en 1253 par Béatrix de Faucigny. Le château, bâti au XIe siècle par les sires de Villars, fut démantelé en 1595 par les troupes de Biron après un sac violent. La seigneurie changea souvent de mains : cédée aux Savoie en 1327, érigée en comté en 1432 pour Philippe IV de Lévis-Mirepoix, puis en marquisat en 1565 pour Honorat de Savoie.
Classée monument historique en 1905, la motte abrite aussi les vestiges d’une aula (salle du haut Moyen Âge) sous le tertre. Trois autres mottes existaient à Villars : Filioli (détruite en 1847), la Juyre et Termant. Les fouilles de 1988 ont confirmé l’importance stratégique du site, lié à l’organisation féodale des Dombes, entre conflits seigneuriaux et contrôle des axes commerciaux.
Le site illustre l’évolution d’un pouvoir local, des sires de Villars aux Savoie, en passant par les Lévis-Mirepoix. Son histoire reflète les luttes pour la domination régionale, depuis les engagements féodaux du XIIIe siècle jusqu’à la confiscation par Marguerite d’Autriche au XVIe siècle. Aujourd’hui, la poype reste un témoignage rare des fortifications de terre médiévales, associant archéologie et mémoire des massacres de 1595.
La tour ronde visible, dernier vestige du château, symbolise la transition entre l’architecture militaire en terre (motte) et la maçonnerie (briques du Xe siècle). Les blocs gallo-romains réemployés soulignent la continuité de l’occupation du site, depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne, où le marquisat fut cédé à des familles bourgeoises comme les Perrachon ou les Dugas de Bois-Saint-Just.