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Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières dans les Ardennes

Patrimoine classé Patrimoine rural Moulin Moulin à eau

Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières

  • 10-57 Rue du Moulin
  • 08000 Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières
Crédit photo : NEUVENS Francis - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
08000 Prix-lès-Mézières, 10-57 Rue du Moulin

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1517
Premier moulin à farine
1702
Location à la Manufacture de Charleville
1794
Transformation en platinerie
1834
Reconstruction du Grand Moulin
1859
Conversion en moulin à couleurs
1861
Rachat par Honoré-Victor Colin
1918-1955
Arrêt progressif de l’activité
1995
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Moulin médian (cad. AC 29) ; façades et toitures et éléments du mécanisme subsistant (bief voûté, supports des meules) du moulin bas (cad. AC 31) ; pigeonnier (cad. AC 24) ; façades et toitures de la ferme (cad. AC 34) ; ancien sytème hydraulique (cad. AC 22, 23, 25 à 27, 32) : inscription par arrêté du 26 avril 1995

Personnages clés

Pierre Colin - Industriel Dirige la conversion en 1859.
Honoré-Victor Colin - Propriétaire et modernisateur Rachète le site en 1861.
M. Villemot - Dernier exploitant Achat du moulin du Milieu en 1920.
Michel Coistia - Historien Auteur d’une étude sur les moulins ardennais (1991).
Gérald Dardart - Historien local Spécialiste du patrimoine de Prix-lès-Mézières.

Origine et histoire du moulin à couleurs

Le moulin à couleurs de Prix-lès-Mézières, situé en bord de Meuse dans les Ardennes, est un ensemble industriel remontant à la 2e moitié du XIXe siècle. À l’origine, le site abritait une forge à canons (XVIIIe siècle), puis une fonderie de cuivre (XVIIe) et une dépendance de la manufacture d’armes de Nouzonville. En 1859, les trois moulins (haut, médian, bas) sont convertis en usine de préparation de couleurs minérales par Pierre Colin, marquant leur apogée industrielle.

Le Grand Moulin, construit en pierre calcaire avec un toit en pavillon, utilisait une roue hydraulique alimentée par un bief voûté. Le moulin du Milieu, doté de trois paires de meules et d’un toit à longs pans brisés, servait au conditionnement des pigments en tonneaux. Le site employait 9 ouvriers en 1883 et cessa progressivement son activité : moulin bas en 1918, moulin haut en 1925, et moulin médian en 1955. Les bâtiments, en moellon et enduit, conservent encore des meules horizontales et des éléments mécaniques.

L’histoire du site remonte au XIe siècle, lorsque le prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Hubert y établit un moulin à farine, mentionné pour la première fois en 1517. Au XVIIe siècle, une batterie de cuivre y est installée, puis le site est loué à la Manufacture d’armes de Charleville à partir de 1702. Après la Révolution, les moulins deviennent biens nationaux et sont transformés en platinerie vers 1794 pour approvisionner la manufacture. Rachat en 1861 par Honoré-Victor Colin, qui achève leur conversion en moulin à couleurs.

Classé monument historique en 1995, le site protège aujourd’hui les façades, toitures, et éléments hydrauliques (bief voûté, supports de meules), ainsi qu’un pigeonnier et une ferme attitrée. Les calcinateurs et séchoirs, autrefois adjacents au moulin du Milieu, témoignent de l’organisation industrielle du XIXe siècle. Le moulin bas, avec ses deux étages en moellon, et le Grand Moulin, équipé d’une roue de 6 mètres de diamètre, illustrent l’ingénierie hydraulique de l’époque.

Les sources historiques, comme les travaux de Michel Coistia (Les Moulins à couleur des Ardennes, 1991) et Gérald Dardart (Prix-lès-Mézières. L’œuvre des moines de Saint-Hubert, 2001), documentent cette évolution. Le site, aujourd’hui désaffecté, reste un exemple remarquable de l’adaptation des moulins ardennais aux besoins industriels modernes, depuis la métallurgie jusqu’à la production chimique.

Liens externes

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