Crédit photo : Marianne Casamance - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée
15 Rue du Pontin 84330 Le Barroux
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1790
Décision municipale
Décision municipale 1790 (≈ 1790)
Projet de moulin communal après refus seigneurial.
1792
Construction et ouverture
Construction et ouverture 1792 (≈ 1792)
Moulin opérationnel pour la récolte hivernale.
1793
Agrandissement
Agrandissement 1793 (≈ 1793)
Extension des installations du moulin.
1853
Fermeture définitive
Fermeture définitive 1853 (≈ 1853)
Fin de l’activité du moulin.
19 juillet 2006
Inscription MH
Inscription MH 19 juillet 2006 (≈ 2006)
Classement comme monument historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien moulin sis au rez-de-chaussée de l'immeuble, en totalité avec l'ensemble du matériel lié à la production de l'huile qu'il contient ; les façades et la toiture du bâtiment qui le renferme (cad. AR 544) : inscription par arrêté du 19 juillet 2006
Personnages clés
Jean-Matthieu Tourre - Entrepreneur
Responsable des travaux de construction.
Jean-Anicet Tourre - Entrepreneur
Associé aux réparations du moulin.
Dernier seigneur du Barroux - Propriétaire rival
Refusa l’accès à son moulin.
Origine et histoire du moulin à huile communal
Le moulin à huile communal de Barroux a été édifié en 1792, dans un contexte de tensions entre les habitants et le dernier seigneur du village. En 1790, ce dernier ayant refusé d’ouvrir son moulin aux villageois, la municipalité décida de réaménager une ancienne boucherie municipale en moulin communal. Ce projet visait à garantir l’accès à la production d’huile pour tous les habitants, indépendamment des décisions seigneuriales.
Le moulin, opérationnel dès l’hiver 1792, fut agrandi en 1793 et resta en activité jusqu’en 1853. Il était équipé d’un mécanisme de type moulin à sang (actionné par la force animale ou humaine) dans une première salle voûtée, et de plusieurs pressoirs à bras dans une seconde salle. Ces installations permettaient de presser les olives pour en extraire l’huile, collectée dans des cuves de décantation en pierre. Un second moulin à sang, partiellement conservé, était probablement adjacent.
L’édifice, situé au rez-de-chaussée d’un immeuble communal, se distingue par sa structure divisée en deux espaces par un pilier central supportant des voûtes d’arêtes. Les pressoirs, disposés dans des arcades surbaissées, étaient complétés par des conquets (bacs de réception en pierre) et des vis de pression, dont une seule subsiste intacte aujourd’hui. Le bâtiment, propriété mixte (communale et privée), a été inscrit aux monuments historiques le 19 juillet 2006 pour son caractère patrimonial et technique.
La construction et les réparations du moulin furent confiées aux entrepreneurs locaux Jean-Matthieu Tourre et Jean-Anicet Tourre. Leur intervention illustre l’ingéniosité des communautés rurales de la fin du XVIIIe siècle, capables de s’organiser pour contourner les privilèges seigneuriaux et assurer leur autonomie économique. Le moulin témoigne ainsi des mutations sociales et techniques de la Révolution française en Provence.