Frise chronologique
vers 1550-1555
Construction du moulin
Construction du moulin
vers 1550-1555 (≈ 1553)
Édifié pendant les guerres de Religion.
1608
Début des dégradations
Début des dégradations
1608 (≈ 1608)
Moulin endommagé jusqu’au XIXe siècle.
1842
Enregistrement comme « démoli »
Enregistrement comme « démoli »
1842 (≈ 1842)
Cadastres mentionnant sa ruine partielle.
début XIXe siècle
Modernisation du sol
Modernisation du sol
début XIXe siècle (≈ 1904)
Remplacement terre battue par mortier.
16 septembre 2010
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
16 septembre 2010 (≈ 2010)
Protection de la tour et de l’aire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le moulin à vent composé de sa tour ainsi que la parcelle A 358 sur laquelle il se trouve ; s'y ajoute son aire à battre et la parcelle A 830 sur laquelle elle se trouve : inscription par arrêté du 16 septembre 2010
Personnages clés
| Évêque de Viviers - Ancien propriétaire du terrain |
Vend la parcelle au châtelain. |
| Châtelain de Donzère - Commanditaire présumé |
Acheteur du terrain pour construction. |
Origine et histoire
Le moulin à vent de Beauvert, situé à Donzère dans la Drôme, fut construit vers 1550-1555 sur une parcelle cédée par l'évêque de Viviers au châtelain local. Son édification, durant les guerres de Religion, explique son caractère défensif : fondations profondes, portes sécurisées et une arquebusière. La tour, en moellons de calcaire recouverts de chaux, domine le paysage avec une façade est monumentale, marquée par une fenêtre de surveillance alignée sur la porte d'entrée.
Entre 1608 et 1842, le moulin subit des dégradations majeures, au point d'être déclaré « démoli » sur les cadastres du XIXe siècle. Pourtant, sa tour reste intacte aujourd’hui. À l’intérieur, le rez-de-chaussée servait de grenier et de remise pour les sacs de farine, tandis que l’étage abritait deux meules, une cheminée et un placard, suggérant un usage occasionnel comme habitat pour le meunier. Le système de rotation conique, typique des moulins provençaux, était actionné via une crémaillère sur un « chemin dormant » en dalles, comme l’attestent les traces archéologiques.
Des fouilles ont révélé une aire à battre le grain au sud de la tour, confirmant son rôle central dans la production céréalière locale. Classé Monument Historique en 2010, le moulin se distingue par son architecture hybride, mêlant fonction meunière et adaptations militaires. La parcelle et l’aire à battre sont protégées, soulignant l’importance patrimoniale de ce vestige des XVIe–XIXe siècles.
Au début du XIXe siècle, des aménagements intérieurs (sol en mortier de chaux) modernisèrent partiellement la structure, sans altérer son plan d’origine. La coiffe conique, aujourd’hui disparue, permettait d’orienter les ailes selon le vent, un mécanisme ingénieux pour l’époque. Le moulin illustre ainsi l’évolution des techniques agricoles et les tensions historiques de la région, entre conflits religieux et besoins économiques.