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Moulin à vent de Lancieux en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Patrimoine rural Moulin Moulin à vent

Moulin à vent de Lancieux

  • 65 D786
  • 22770 Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Moulin à vent de Lancieux
Crédit photo : Latitemimi - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
22770 Lancieux, 65 D786

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
XVIe siècle
Construction initiale
1758
Réfection partielle
4 mars 1791
Vente comme bien national
1875
Modernisation majeure
1926
Installation moteur à gaz
1947
Arrêt définitif
9 septembre 1975
Inscription Monument Historique
1976 et 1990
Restaurations
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Moulin à vent (cad. B 988) : inscription par arrêté du 9 septembre 1975

Personnages clés

François L’Hotellier - Premier propriétaire post-Révolution Acheteur du moulin en 1791.
Mathurin Lemonnier - Meunier local Propriétaire après L’Hotellier.
Auguste Lemonnier - Meunier et légataire Lègue le moulin à l’hospice de Dinan.
François Chapelle - Dernier meunier actif Mort écrasé par la machine vers 1925.
Jean Peillet - Amoulageur-restaurateur Dirige les travaux de 1976.

Origine et histoire du moulin à vent

Le moulin à vent des Bénédictins, aussi appelé moulin de Buglais, est édifié sur la commune de Lancieux (Côtes-d'Armor) dès le XVIe siècle par les moines de l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer. Construit en moellons de granite et schiste, ce moulin tour typique de Haute-Bretagne se distingue par sa forme circulaire, son toit pivotant en bardeaux de châtaignier, et ses quatre ailes hélicoïdales de 24 mètres d’envergure. À l’intérieur, deux paires de meules montées « à l’anglaise » (dont une datée de 1874) broyaient froment et céréales secondaires, actionnées par un système de rouages en fonte ajouté au XIXe siècle.

Le moulin, initialement propriété de l’abbaye, est vendu comme bien national en 1791 à François L’Hotellier, puis passe entre les mains de meuniers locaux comme Mathurin Lemonnier. En 1875, il subit une modernisation majeure avec l’ajout d’un régulateur à boules (invention de James Watt) et d’un moteur auxiliaire à gaz pauvre en 1926. Fonctionnant jusqu’en 1947, il est racheté par la commune en 1973 et restauré en 1976 et 1990, retrouvant ses ailes mobiles et son mécanisme opérationnel. Aujourd’hui inscrit aux Monuments Historiques (1975), il symbolise le patrimoine meunier breton et s’ouvre au public l’été.

Le site conserve des traces de son histoire religieuse et agricole : les moines de Saint-Jacut traversaient la baie à marée basse pour y accéder, tandis que les cultivateurs locaux y faisaient moudre leur grain jusqu’au milieu du XXe siècle. Le moulin, doté d’un système d’orientation par « guivre » (queue mobile) et d’un frein actionné via une lucarne appelée houteau, illustre l’ingéniosité des techniques pré-industrielles. Ses meules de grand diamètre (145 cm), fabriquées en Brie champenoise et assemblées sur place, témoignent des échanges artisanaux de l’époque.

Classé pour ses proportions ramassées et ses matériaux traditionnels (schiste, gneiss), le moulin de Buglais est le dernier survivant des trois moulins à vent de Lancieux. Son logement patronal adjacent, construit dans les mêmes matériaux, complète l’ensemble. Après sa vente aux enchères en 1925 à la famille Jouët — dont François Chapelle, dernier meunier actif —, le moulin cesse définitivement son activité en 1947, marquant la fin d’une ère meunière séculaire en Bretagne nord.

Liens externes

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