Frise chronologique
début XVe siècle
Première mention archivistique
Première mention archivistique
début XVe siècle (≈ 1504)
Attestation écrite du moulin
milieu XVIIIe siècle
Reconstruction du moulin
Reconstruction du moulin
milieu XVIIIe siècle (≈ 1850)
Structure actuelle en pans de bois
1875
Arrêt définitif de l'activité
Arrêt définitif de l'activité
1875 (≈ 1875)
Conséquence du barrage de Poses
1949
Transmission à Suzanne Lipinska
Transmission à Suzanne Lipinska
1949 (≈ 1949)
Cadeau de mariage du domaine
1962
Création de l’Association culturelle
Création de l’Association culturelle
1962 (≈ 1962)
Ouverture aux artistes et écrivains
6 février 1995
Inscription des piles et maison
Inscription des piles et maison
6 février 1995 (≈ 1995)
Première protection Monument historique
12 octobre 1995
Classement du moulin
Classement du moulin
12 octobre 1995 (≈ 1995)
Protection du mécanisme et bâtiment
1998
Fondation du Céci
Fondation du Céci
1998 (≈ 1998)
Centre des écritures cinématographiques
16 mai 2008
Inscription du parc
Inscription du parc
16 mai 2008 (≈ 2008)
Protection des 15 hectares
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les deux piles sur lesquelles repose le moulin ; les éléments subsistants de la maison du meunier (cad. A 70) : inscription par arrêté du 6 février 1995 - Le moulin, y compris son mécanisme (cad. A 70) : classement par arrêté du 12 octobre 1995 - Le parc du moulin en totalité avec : la clôture ; l'ensemble des aménagements de jardins : rocailles, murs de soutènement, kiosques, belvédères, ponts, escaliers, serres, embarcadère ; l'orangerie dans ses dispositions d'origine ; les plantations et les sols des parcelles A 67 à 69, 71 à 73, 76, 120, 121, 1333, 1351, 1569, 1612 à 1617, lieudit Côtes du Moulin et Clos des Pins) : inscription par arrêté du 16 mai 2008
Personnages clés
| Suzanne Lipinska - Fondatrice du centre culturel |
Transforma le moulin en lieu artistique |
| Maurice Pons - Écrivain en résidence |
Vécut au moulin jusqu’en 2016 |
| François Truffaut - Cinéaste |
Tournage des *400 Coups* et *Jules et Jim* |
| Louis Renault - Ancien propriétaire |
Intégra le moulin à son domaine agricole |
| Georges Perec - Écrivain invité |
Séjours et création littéraire |
Origine et histoire
Le moulin d'Andé, situé à Andé dans l’Eure (Normandie), est un moulin à roue pendante dont les premières mentions remontent au début du XVe siècle, bien que sa présence soit supposée dès le XIIe siècle. Ses deux piles en pierre datent de cette période médiévale, tandis que la structure actuelle, en pans de bois, fut édifiée au milieu du XVIIIe siècle. Ce type de moulin, où la roue est immergée sous le plancher et ajustable via des vérins, est exceptionnellement bien conservé et constitue un exemple unique en Europe occidentale. Son activité cessa définitivement en 1875 après la construction du barrage de Poses, qui modifia le niveau de la Seine.
Au XXe siècle, le moulin devint un lieu emblématique de la création artistique grâce à Suzanne Lipinska. Celle-ci, après en avoir hérité en 1949, y fonda en 1962 l’Association culturelle du Moulin d’Andé, transformant les lieux en un espace dédié aux arts, aux lettres et à la musique. Le site accueillit des figures majeures comme François Truffaut (qui y tourna des scènes des 400 Coups et Jules et Jim), Eugène Ionesco, ou Georges Perec. En 1998, le Centre des écritures cinématographiques (Céci) y fut créé, renforçant son rôle dans le soutien à la création.
Classé Monument historique en 1995 pour son mécanisme et ses piles médiévales, le moulin conserve intacte sa chambre des meules avec son système en bois (vérins, roue dentée, meules). Son parc de 15 hectares, inscrit en 2008, abrite aujourd’hui une orangerie-théâtre, 35 chambres, des salles de réunion et une académies musicale estivale. Ce lieu hybride, à la fois patrimoine industriel et pôle culturel, illustre la réinvention des sites historiques au service de la création contemporaine.
Architecturalement, le moulin se distingue par sa structure en pans de bois reposant sur des piles en pierre de taille, elles-mêmes construites sur pilotis. La roue pendante, caractéristique rare, est actionnée par un système de tirants et vérins permettant son ajustement selon le niveau de l’eau. La maison du meunier, accolée au moulin, partage la même ossature en torchis. L’ensemble, préservé dans son état d’origine, témoigne de l’ingéniosité des techniques meunières préindustrielles.
Le domaine s’inscrit aussi dans un paysage naturel protégé, entre la vallée de la Seine et les falaises de l’Andelle. Son parc, avec ses jardins, serres et belvédères, a été conçu pour harmoniser patrimoine bâti et environnement. Les protections successives (1995 pour le moulin, 2008 pour le parc) soulignent sa valeur patrimoniale, tandis que le label Patrimoine du XXe siècle reconnaît sa transformation culturelle comme modèle de préservation dynamique.