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Moulin de Cacrey à Creysse dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine rural Moulin à eau

Moulin de Cacrey à Creysse

  • Le Bourg
  • 46600 Creysse
Propriété privée
46600 Creysse, Le Bourg

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1319
Transfert aux Tournemire
1327
Droits des Mirandol
XIIIe-XIVe siècles
Construction initiale
1459
Hommage féodal
XVIe siècle
Ajout du logis
1780
Affermage à Jean Montial
1792
Vente aux Roger de Martel
1935
Arrêt de l’activité meunière
10 juin 1996
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Moulin (cad. AB 102, 105, 106) : inscription par arrêté du 10 juin 1996

Personnages clés

Bernard de Cazillac - Seigneur de Cazillac (1142-1159) Commanditaire présumé du moulin.
Raymonde de Tournemire - Épouse de Bernard de Cazillac Transmet le moulin aux Tournemire en 1319.
Gaubert Faure - Seigneur de Mirandol (XVe siècle) Rend hommage pour le moulin en 1459.
Guillaume de Mirandol - Seigneur et vassal de Turenne Confirme la possession en 1459.
Honorée de Cosnac - Veuve de François de Mirandol (XVIIe) Détentrice du repaire noble et moulin.
Jean Montial - Meunier (XVIIIe siècle) Dernier affermeur avant la Révolution.
Joseph François de Marqueyssac - Propriétaire (1738-1813) Vend le moulin en 1792.

Origine et histoire du moulin de Cacrey

Le moulin fortifié de Cacrey, situé à Creysse dans le Lot, est un édifice médiéval construit entre les XIIIe et XIVe siècles par les seigneurs de Cazillac. Ce moulin atypique, alimenté par la résurgence du Cacrey (liée au réseau karstique de la Dordogne), se distingue par son absence de canal d’amenée et son architecture défensive, avec des meurtrières et des contreforts massifs. Il était initialement équipé de quatre paires de meules actionnées par des rouets, dont subsistent aujourd’hui deux meules scellées et des turbines en fonte du XIXe siècle.

Vers 1319, le moulin passe aux mains de la famille de Tournemire par le mariage de Bernard de Cazillac avec Raymonde de Tournemire, avant d’être contrôlé par les seigneurs de Mirandol dès 1327. Pendant la guerre de Cent Ans (1347-1378), Creysse est occupée par les troupes anglaises, mais le moulin reste opérationnel. Au XVe siècle, les Mirandol, comme Gaubert Faure et son épouse Bertrande de Leymonie, en affermant l’exploitation à des meuniers locaux. En 1459, Guillaume de Mirandol rend hommage au vicomte de Turenne pour ce « moulin fortifié de Capcreix », confirmant son statut de repaire noble.

Au XVIe siècle, le corps de logis en retour est ajouté, tandis que l’étage et les voûtes du rez-de-chaussée sont probablement modernisés. Le moulin reste dans la famille de Mirandol jusqu’au XVIIe siècle, où Honorée de Cosnac, veuve de François de Mirandol, en conserve la propriété. Il passe ensuite par alliance aux La Porte de Lissac (1734), puis aux Marqueyssac, qui l’afferment en 1780 au meunier Jean Montial, héritier d’une lignée de meuniers. Confisqué pendant la Révolution, il est vendu aux Roger de Martel avant 1792, puis retrouve une activité meunière jusqu’en 1935.

Transformé en habitation en 1939 après l’arrêt de son activité, le moulin est inscrit aux Monuments Historiques en 1996. Son système hydraulique, alimenté par une résurgence souterraine parcourant 6,5 km depuis la perte de Cuzance, en fait un témoignage rare des techniques médiévales adaptées aux contraintes géologiques du Quercy. Les vestiges conservés (meules, turbines, chambres d’eau) illustrent ses évolutions techniques, des rouets médiévaux aux turbines du XIXe siècle.

Architecturalement, le moulin se compose de deux corps de bâtiment en L : un moulin rectangulaire en pierre de taille (partie basse) et moellons (étage), et un logis du XVIe siècle. Les contreforts et l’absence de fenêtres au rez-de-chaussée soulignent son caractère défensif, tandis que les bretèches, partiellement remaniées, rappellent son rôle de repaire noble. Les sources écrites, comme les hommages féodaux aux vicomtes de Turenne, confirment son importance stratégique et économique pour les seigneurs locaux.

Liens externes

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