Frise chronologique
1513
Nomination de Tristan de Carné
Nomination de Tristan de Carné
1513 (≈ 1513)
Capitaine de Guérande par Anne de Bretagne.
fin XVe siècle
Construction du moulin
Construction du moulin
fin XVe siècle (≈ 1595)
Période attribuée par les moulurations des baies.
fin XVIIIe siècle
Arrêt de l’activité meunière
Arrêt de l’activité meunière
fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Désaffectation avant les restaurations.
1901
Classement monument historique
Classement monument historique
1901 (≈ 1901)
Première protection officielle en France.
années 1980
Restauration du moulin
Restauration du moulin
années 1980 (≈ 1980)
Toiture et structure consolidées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Moulin de Cremeur : classement par arrêté du 7 janvier 1901
Personnages clés
| Tristan de Carné (1476-1536) - Seigneur de Crémeur et capitaine de Guérande |
Propriétaire du moulin sous Anne de Bretagne. |
| Anne de Bretagne (1477-1514) - Duchesse de Bretagne |
Nomma Tristan de Carné en 1513. |
| Yves Kerbic - Meunier légendaire |
Protagoniste du pacte avec le diable. |
Origine et histoire
Le moulin de Crémeur, aussi appelé moulin du Diable, est un moulin à vent de type petit-pied breton, construit à la fin du XVe siècle sur la commune de Guérande, en Loire-Atlantique. Il se dresse sur un promontoire (le terme Crémeur vient du breton krec'h, signifiant « hauteur »), une localisation idéale pour capter les vents. Classé monument historique dès 1901, il se distingue par sa maçonnerie en granite soigné, son encorbellement à moulures, et sa toiture en bardeaux de châtaignier restaurée dans les années 1980. Bien que dépourvu de mécanisme aujourd’hui, il conserve des éléments originaux comme le guivre (système d’orientation) et une statuette de la Vierge, liée à sa légende.
La seigneurie de Crémeur appartenait à Tristan de Carné (1476-1536), capitaine de Guérande nommé par la duchesse Anne de Bretagne en 1513. Ce contexte historique place le moulin dans une période de transition entre Moyen Âge et Renaissance, marquée par l’influence bretonne sur la région. Le moulin aurait cessé son activité à la fin du XVIIIe siècle, avant d’être abandonné puis restauré un siècle plus tard. Son architecture reflète les techniques locales, avec des ailes à toiles et un système de rotation manuel typique des moulins de l’époque.
La légende du moulin du Diable raconte qu’un meunier nommé Yves Kerbic, trop pauvre pour construire son moulin, passa un pacte avec Satan : ce dernier érigerait l’édifice en une nuit en échange de son âme. À l’aube, alors qu’il ne restait qu’une pierre à poser, Kerbic plaça une statuette de la Vierge dans une niche et fit un signe de croix, faisant fuir le diable dans un tourbillon de feu. Cette histoire, transmise oralement, a valu au moulin son surnom et une place dans l’imaginaire local. Un vitrail de la chapelle de Pen-Bron (La Turballe) représente d’ailleurs ce moulin mythique.
D’un point de vue technique, le moulin de Crémeur est un exemple remarquable de petit-pied breton, un modèle compact où la base étroite s’élargit vers le haut pour mieux résister aux vents. Les baies encadrées de moulures, les consoles du treuil encore visibles, et la niche abritant la Vierge (celle qui « effraya le diable ») témoignent d’un savoir-faire artisanal. La toiture conique, restaurée, supporte toujours l’arbre moteur et les verges destinées à porter les voiles. Ces détails en font un patrimoine emblématique du pays de Guérande.
Le moulin est aujourd’hui un symbole du patrimoine guérandais, lié à la fois à l’histoire industrielle (meunerie), à l’architecture vernaculaire bretonne, et au folklore local. Son classement précoce (1901) souligne son importance, tandis que sa légende continue d’attirer les visiteurs. Bien que non visitable en permanence, il reste un repère visuel et culturel, illustrant le lien entre les communautés rurales d’autrefois et leur environnement, où les moulins jouaient un rôle économique et social central.