Première mention écrite 1335 (≈ 1335)
Aveu mentionnant « un moulin sur l’Eure »
1407
Appellation « moulin de devers Chaudon »
Appellation « moulin de devers Chaudon » 1407 (≈ 1407)
Intégré au domaine seigneurial local
XVIe siècle (règne d'Henri IV)
Production de farine panifiable
Production de farine panifiable XVIe siècle (règne d'Henri IV) (≈ 1650)
Confirmée par les archives de 1864
1879
Expertise des mécanismes
Expertise des mécanismes 1879 (≈ 1879)
Deux roues à aubes décrites
début XIXe siècle
Transformations des vannages
Transformations des vannages début XIXe siècle (≈ 1904)
Aménagements hydrauliques et route départementale
1984
Début de la restauration
Début de la restauration 1984 (≈ 1984)
Acquisition par Claudine et Philippe Bedou
17 avril 2003
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 17 avril 2003 (≈ 2003)
Protection des façades, biefs et vannages
2020
Nouveaux propriétaires
Nouveaux propriétaires 2020 (≈ 2020)
Poursuite des travaux de restauration
2025
Prix Fondation du Patrimoine
Prix Fondation du Patrimoine 2025 (≈ 2025)
Rénovation des vannes et porte à bateau
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du bâtiment du moulin à eau (cad. A 752) ; le bief de dérivation d'amont avec son système de vannage (cad. B 529 ; A 752) ; le bief d'aval avec son canal de fuite (cad. A 752) ; le déversoir (cad. B 528, 529) ; le canal de décharge avec son système de vannage (cad. A 752) : inscription par arrêté du 17 avril 2003
Personnages clés
Claudine et Philippe Bedou - Propriétaires-restaurateurs (à partir de 1984)
Initiateurs de la restauration du moulin
Origine et histoire du moulin de Mordu moulins
Le moulin de Mormoulins, implanté sur la rivière Eure dans le hameau éponyme de Chaudon (Eure-et-Loir), trouve ses premières mentions écrites dès le XIVe siècle (1335 et 1407). À l’époque médiévale, il dépendait d’un fief seigneurial et illustre l’alliance entre l’énergie hydraulique, les droits féodaux (péages, affermages) et la production céréalière de la Beauce. Son rôle économique local s’inscrivait dans un réseau de moulins liés aux seigneuries de la vallée, où le blé panifiable et les redevances structuraient la vie rurale.
Sous l’Ancien Régime, le moulin de Mormoulins conserva sa fonction meunière, actionné par des roues à aubes et des meules pour produire de la farine. Les archives de 1864 confirment son activité dès le règne d’Henri IV, soulignant son intégration aux circuits de transport fluvial et aux redevances seigneuriales. La Révolution française (1789) bouleversa ce système : bien que les sources ne précisent pas de confiscation, l’abolition des droits féodaux modifia nécessairement son statut et son exploitation.
Au XIXe siècle, le moulin s’adapta aux transformations industrielles : en 1879, une expertise décrit deux roues distinctes (l’une de 3,20 m actionnant deux paires de meules), reflétant l’évolution des techniques hydrauliques sous l’Empire et la République. Le site fut aussi impacté par l’aménagement de la route départementale au début du siècle, qui fit disparaître le château voisin et tronqua ses canaux historiques. Ces mutations en font un témoin de la transition entre artisanat traditionnel et modernisation.
Classé monument historique en 2003, le moulin de Mormoulins est aujourd’hui le seul moulin à eau fonctionnel et complet protégé dans le département. Sa restauration, initiée en 1984 par Claudine et Philippe Bedou, puis poursuivie depuis 2020, a permis de préserver ses éléments hydrauliques (vannes, bief, écluse) et son architecture. Le prix Fondation du Patrimoine 2025 a financé la rénovation de ses vannes et de la porte à bateau, soulignant son importance patrimoniale.
Ce moulin incarne près de sept siècles d’histoire : du Moyen Âge rural (droits seigneuriaux, blé de Beauce) à la Révolution (abolition des péages), puis à l’ère industrielle (modernisation des roues) et enfin à sa valorisation contemporaine. Il illustre aussi la vallée royale de l’Eure, corridor historique mêlant production, énergie hydraulique et transports, aujourd’hui reconnu comme patrimoine paysager et technique.