Origine et histoire du moulin du Clos Guidon
Moulin hydraulique situé dans la vallée du Thérain, créé en 1837. Il constitue un intéressant spécimen d'usine hydraulique de la vallée ; ses affectations successives — mouture du grain, atelier d'optique, scierie — ont suivi les transformations et vicissitudes de l'économie locale, et plus particulièrement l'essor florissant de l'industrie lunetière dans la région de Songeons au début de ce siècle. Hormis la roue à aubes récemment restaurée, le moulin a perdu la plupart de ses mécanismes de meunerie originels. En 1826, Nicolas Honoré Levasseur, propriétaire d'un moulin à foulon à Crillon, fait construire un moulin à huile déclaré en fonctionnement le 28 janvier 1837 au lieu-dit de l'Argenterie. Ce nom renvoie à Quentin Thierry, argentier du prince de Dombes, qui possédait ce fief, dit alors de Crèvecoeur en 1600. Le régime des eaux de ce nouvel établissement est réglementé le 11 juillet 1837. Charles Levasseur, fils unique de Nicolas, en devient propriétaire en 1872 ; à cette date le moulin est converti en moulin à farine, monté à l'anglaise et équipé de deux paires de meules. Le 12 juin 1882, Auguste Duru, opticien à Songeons, et son épouse Henriette Lallemand acquièrent le bâtiment et le transforment en usine de matériel d'optique, spécialisée dans la préparation des tiges de fers de lunettes et le polissage des verres. Une partie du moulin est démolie en 1884 pour permettre un meilleur aménagement de l'atelier d'optique et de la maison d'habitation. Par alliance, la propriété passe à Jules Alexandre Sanglier, opticien également, qui poursuit l'activité de lunetterie jusqu'en 1922. Entre 1923 et 1953, le bâtiment subit de nombreuses transformations pour accueillir une scierie dirigée par Jean André Sanglier. En 1965, une nouvelle maison est construite sur le terrain, au lieu-dit Les Presles. En 1980, la scierie cesse son activité dans l'ancien moulin et s'installe dans de nouveaux ateliers construits à cet effet au nord-ouest. Après avoir été au cœur d'un projet d'écomusée, les bâtiments servent d'habitation et font l'objet depuis 1998 d'une restauration complète. L'équipement hydraulique se compose de quatre vannes de décharge, d'une vanne mouloire oblique et d'un déversoir. La roue par-dessus, qui actionne les quatre engrenages, mesure 4,44 m de diamètre pour une largeur de 1,35 m ; elle a été refaite par Alfred Welnoski en 1936 et a alimenté les machines jusqu'en 1953, date à laquelle l'énergie hydraulique est abandonnée au profit de l'énergie électrique. Parmi les machines, subsistait avant 1998 une scie à ruban Guilliet et fils, équipée d'un volant de 1,10 m de diamètre et d'un ruban de 6,90 m de long sur 9 cm de large ; ce matériel a aujourd'hui disparu.