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Moulin du Cosquer à Troguéry en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Patrimoine rural Moulin Moulin à eau

Moulin du Cosquer à Troguéry

    Biliguen22450 Troguéry
Propriété privée
Crédit photo : Crepi22 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1601
Première mention écrite
1840
Reconstruction totale
1841
Ajout du magasin à grains
1903
Installation d'une turbine
1932
Motorisation diesel
1938
Électrification
1991
Fermeture définitive
20 décembre 1999
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Moulin, à l'exclusion de l'aile en retour sud-est (XXe siècle) , y compris l'ensemble des machines, le magasin à grains en totalité (cad. A1 11) , la digue (cad. A1 12) avec son quai d'embarquement (cad. domaine public, non cadastré, proche de la parcelle A1 11 et au nord-ouest de celle-ci) , le mur de soutènement de la rive est de l'étang (cad. A1 10) : classement par arrêté du 20 décembre 1999

Personnages clés

Jean de Kerguezec - Seigneur de Troguéry Mentionne le moulin en 1601.
Frères Le Goaster - Marchands à Tréguier Reconstructeurs du moulin en 1840.
Jean-Marie Tolguen - Propriétaire en 1871 Fait construire le magasin à grains.
Édouard Guillon - Propriétaire en 1882 Agrandit la maison du meunier.
Charles Thomas et Yves Le Goff - Propriétaires à partir de 1919 Modernisent le moulin (turbine, diesel).
F. Jamet - Ingénieur à Rennes Supervise la modernisation de 1932.

Origine et histoire du moulin du Cosquer

Le moulin du Cosquer, aussi appelé moulin de Bili-Gwenn, est un moulin à marée situé sur la rive droite du Jaudy, à Troguéry (Côtes-d'Armor). Son existence est attestée dès 1601 dans un aveu seigneurial, mais il était déjà en ruine à cette époque. Entièrement reconstruit en 1840 par les frères Le Goaster, marchands de Tréguier, il intègre alors un magasin à grains (1841) et adopte une architecture adaptée aux nouvelles techniques de meunerie utilisant la gravité. Ce moulin, devenu la minoterie Thomas, a fonctionné jusqu’en 1991, marquant l’évolution technologique avec l’installation d’une turbine en 1903, d’un moteur diesel en 1932, et une électrification en 1938, tout en conservant l’énergie marémotrice comme source auxiliaire.

Le site comprend le moulin proprement dit, un magasin à grains, une digue avec quai d’embarquement, et des dépendances comme une écurie et un pigeonnier. Son plan rectangulaire à trois niveaux, en moellon de grès et schiste avec des chaînes d’angle en granite, reflète une construction soignée. La façade sud, symétrique avec un fronton triangulaire, et les machines intérieures (silos, meules, turbine) témoignent de son rôle central dans la production farinière régionale. Classé monument historique en 1999, il abrite aujourd’hui un musée des techniques de meunerie depuis le XIXe siècle, avec des machines et une digue potentiellement fonctionnelles.

L’histoire du moulin est marquée par plusieurs propriétaires influents : les frères Le Goaster (reconstruction en 1840), Jean-Marie Tolguen (ajout du magasin à grains en 1878), puis Édouard Guillon, qui agrandit la maison du meunier après 1890. En 1919, Charles Thomas et Yves Le Goff modernisent l’équipement, notamment avec une nouvelle turbine en 1921 et un moteur diesel en 1932, sous la supervision de l’ingénieur F. Jamet. Le moulin, l’un des plus productifs de la région avec 753 tonnes de farine annuelles au XIXe siècle, a fonctionné 264 marées par an, illustrant son importance économique jusqu’à sa fermeture en 1989.

Le moulin à mer de Bili-Gwenn apparaît pour la première fois dans une déclaration d’héritage de 1601 par Jean de Kerguezec, seigneur de Troguéry. Cartographié en 1770-1785 puis sur le cadastre de 1835, son ancien édifice, décrit en 1798, comportait une roue verticale extérieure et deux meules. La reconstruction de 1840 a transformé son système hydraulique, passant d’une roue verticale à une roue horizontale alimentée par un coursier. Ce moulin, qualifié de minoterie dès le XIXe siècle, symbolise l’adaptation des techniques traditionnelles aux innovations industrielles, tout en restant ancré dans son environnement marémoteur.

Classé au titre des monuments historiques le 20 décembre 1999, le moulin du Cosquer protège non seulement le bâtiment principal (hors aile sud-est du XXe siècle), mais aussi l’intégralité de ses machines, son magasin à grains, la digue avec son quai, et le mur de soutènement de l’étang. Ces éléments, encore en état de fonctionnement potentiel, offrent un témoignage rare de l’évolution technologique des moulins à marée en Bretagne, depuis leur origine seigneuriale jusqu’à leur industrialisation au XXe siècle.

Liens externes

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