Frise chronologique
1467
Aveux seigneuriaux
Aveux seigneuriaux
1467 (≈ 1467)
Seigneurs de Mervé reconnaissent la suzeraineté des comtes du Lude.
XVe siècle
Construction du moulin
Construction du moulin
XVe siècle (≈ 1550)
Édification sur la rive du Loir, près du château-fort.
1711
Vente du château
Vente du château
1711 (≈ 1711)
Charles-Léonor de Clermont cède Mervé à Henry Fontaine.
1799
Mort au combat
Mort au combat
1799 (≈ 1799)
M. de la Motte-Mervé meurt à la bataille du Mans.
22 décembre 1927
Classement MH
Classement MH
22 décembre 1927 (≈ 1927)
Inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
1944
Incendie du château
Incendie du château
1944 (≈ 1944)
Détruit par les Allemands lors de leur retraite.
1989
Démolition du logis
Démolition du logis
1989 (≈ 1989)
Rasement définitif des ruines du château.
2013
Prix de restauration
Prix de restauration
2013 (≈ 2013)
Récompensé par les *Vieilles Maisons Françaises*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Moulin de Mervé : inscription par arrêté du 22 décembre 1927
Personnages clés
| Jean II de Clermont-Gallerande - Seigneur médiéval |
Époux de l’héritière de Mervé au XIVe siècle. |
| Charles-Léonor de Clermont - Dernier seigneur Clermont |
Vend Mervé en 1711 à Henry Fontaine. |
| Henry Fontaine de la Crochinière - Acquéreur en 1711 |
Inspecteur des fermes, prend le nom de Mervé. |
| M. de la Motte-Mervé - Chef chouan |
Meurt en 1799 à la bataille du Mans. |
| Comte Louis de Bourmont - Commandant chouan |
Chef de l’armée catholique et royale du Maine. |
| Pierre Schilte - Historien local |
Auteur d’une étude sur les châteaux du pays fléchois (1991). |
Origine et histoire
Le moulin de Mervé est un moulin fortifié construit au XVe siècle sur la rive gauche du Loir, à proximité d’un château-fort médiéval aujourd’hui disparu. Ce site, initialement propriété de la famille de Clermont-Gallerande à partir du XIVe siècle, fut lié à la seigneurie de Mervé jusqu’en 1711. Le moulin, caractéristique avec son soubassement en étrave de navire et sa tour en encorbellement, conserve une de ses roues à aubes d’origine. Il fut inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1927 pour sa valeur patrimoniale exceptionnelle.
Le château voisin, vendu comme bien national pendant la Révolution, fut racheté par la famille de la Motte d’Aubigné au XIXe siècle. Un nouveau logis rectangulaire flanqué de tours rondes y fut construit, mais le site fut incendié par les Allemands en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, puis rasé en 1989. Le moulin, épargné, fut restauré au XXIe siècle et primé en 2013 pour la qualité de ces travaux par les Vieilles Maisons Françaises.
Le site de Mervé illustre les transformations architecturales et politiques de la Sarthe, du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Le moulin, témoin des techniques hydrauliques médiévales, coexistait avec un château-fort dont les douves étaient alimentées par le Loir. La seigneurie de Mervé, passée entre les mains de familles nobles comme les Clermont-Gallerande ou les la Motte, reflète les alliances et les bouleversements liés à la Révolution et aux guerres mondiales. Aujourd’hui, le moulin reste le dernier vestige visible de ce complexe seigneurial.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château abritait le siège local de l’Organisation Todt, service allemand chargé des constructions militaires. Son incendie en 1944 marqua la fin de son histoire architecturale, tandis que le moulin, préservé, devint un symbole de la résilience du patrimoine local. Les restaurations récentes ont permis de mettre en valeur ses éléments défensifs (mâchicoulis, tour en poivrière) et son mécanisme hydraulique d’origine.
Les sources historiques, dont les travaux de Pierre Schilte (1991) et les archives de l’Inventaire Pays de la Loire, soulignent l’importance de Mervé dans le paysage seigneurial du pays fléchois. Le moulin, avec sa structure hybride (à la fois utilitaire et défensive), offre un témoignage rare des adaptations militaires des édifices agricoles au XVe siècle. Son classement en 1927 et sa restauration récente en font un site clé pour comprendre l’histoire technique et sociale de la Sarthe.