Origine et histoire du moulin Girard
Le moulin Girard, aussi appelé grand moulin de Montluel, est un moulin à eau situé dans la commune de Montluel, dans le département de l’Ain (région Auvergne-Rhône-Alpes). Son origine remonte au moins au Moyen Âge, sous le nom de moulin Gerbais, exploité sur un canal mouturier tracé dès le XIIIe siècle. Ce canal, dérivé de la rivière Sereine, alimentait une roue verticale destinée à la production de farine de blé. Le site a fonctionné sans interruption jusqu’à l’après-Seconde Guerre mondiale, avant d’être définitivement désaffecté dans les années 1950.
La reconstruction majeure du moulin intervient en 1845, marquant une refonte architecturale notable. Les bâtiments, organisés autour d’une cour carrée, mêlent des matériaux traditionnels : galets, briques, pisé et pans de bois pour les étages supérieurs. Le bâtiment central (R+4) abritait les mécanismes essentiels (meules, engrenages, turbine), tandis que les ailes latérales servaient au stockage du grain, au logement du meunier et aux activités annexes (porcherie, poulailler). Une passerelle en bois reliait les bâtiments au-dessus de l’entrée et de la roue, soulignant l’ingéniosité de l’aménagement.
Le moulin a fait l’objet d’une protection au titre des monuments historiques le 6 novembre 2009, incluant l’ensemble des bâtiments, le bief, la roue et son mécanisme. Cependant, cette inscription a été annulée par le tribunal administratif de Lyon le 26 avril 2012, pour des raisons non précisées dans les sources. Aujourd’hui, le site conserve des traces de son activité passée, comme les auges de la porcherie ou les fantômes de fenêtres murées, témoignages des transformations successives. Son intérêt patrimonial réside dans sa structure compacte et son histoire liée à l’évolution des techniques meunières pré-industrielles.
Les plans du début du XIXe siècle attestent de l’existence des trois bâtiments principaux avant 1845, bien que leur appareil actuel (galets, briques fines) suggère une reconstruction partielle à cette date. Le moulin Gerbais, ancêtre du moulin Girard, illustre la continuité d’un site meunier sur près de sept siècles, adapté aux besoins économiques locaux. La désaffectation dans les années 1950 coïncide avec la modernisation de l’industrie agroalimentaire, marquant la fin d’une ère pour les minoteries artisanales.
Le site, aujourd’hui propriété d’une société privée, comprend également des dépendances modestes (poulailler, porcherie) et un lieu d’aisances près du canal. L’état de conservation varie : certains bâtiments, comme celui en R+3 abritant les bluteries, conservent un appareil soigné, tandis que d’autres souffrent de dégradations (effondrement de poutres, érosion du pisé). Malgré son déclassement, le moulin Girard reste un exemple remarquable d’architecture meunière du XIXe siècle, lié à l’histoire économique de la Côtière.