Frise chronologique
XIe siècle (fin)
Confirmation de possession
Confirmation de possession
XIe siècle (fin) (≈ 1184)
Abbaye de La Sauve-Majeure confirmée propriétaire de l’église Notre-Dame d’Espiet.
XIVe siècle (début)
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (début) (≈ 1415)
Première édification du moulin, avec traces gallo-romaines.
XVe siècle (fin)
Rénovation majeure
Rénovation majeure
XVe siècle (fin) (≈ 1584)
Moulin entièrement remanié, adoption du plan barlong.
7 janvier 1926
Classement MH
Classement MH
7 janvier 1926 (≈ 1926)
Inscription aux monuments historiques par arrêté.
1950
Arrêt de l’activité
Arrêt de l’activité
1950 (≈ 1950)
Fin du fonctionnement des meules.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Moulin Neuf : inscription par arrêté du 7 janvier 1926
Personnages clés
| Amat - Archevêque de Bordeaux |
Confirma la possession de l’église d’Espiet à l’abbaye. |
| Édouard III - Roi d’Angleterre |
Attribua en 1330 la justice d’Espiet à Arnaud de Curton. |
| Léo Drouyn - Historien et dessinateur |
Décrivit le moulin au XIXe siècle. |
| M. Fayet - Propriétaire (XIXe siècle) |
Accueillait les visiteurs selon Drouyn. |
Origine et histoire
Le moulin neuf d'Espiet, situé dans la commune du même nom en Gironde (Nouvelle-Aquitaine), est un moulin fortifié dont la construction initiale remonte au XIVe siècle, avec des traces d’un appareillage gallo-romain visible à l’angle est. Il fut entièrement remanié à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, adoptant un plan barlong (rectangulaire allongé) et des éléments défensifs comme des balcons-mâchicoulis, des contreforts saillants et des meurtrières. Une roue verticale de 5 mètres de diamètre, aujourd’hui disparue, actionnait deux paires de meules encore en place, utilisées jusqu’en 1950. Le moulin appartenait pendant plusieurs siècles à l’abbaye de La Sauve-Majeure, comme en témoignent les croix sculptées sur les façades nord et sud, servant d’antéfixes. Ces croix, ainsi que des archives mentionnant la confirmation de la possession de l’église Notre-Dame d’Espiet à l’abbaye par l’archevêque Amat à la fin du XIe siècle, suggèrent ce lien historique.
Le site, caché dans une vallée étroite bordée de rochers et de bois, était protégé par des dispositifs défensifs remarquables. La porte nord, défendue par un moucharaby accessible depuis le premier étage, était encadrée de contreforts et d’un balcon-mâchicouli. À l’intérieur, un pilier central en pierre supportait les planchers et la toiture, tandis que des latrines en saillie et des corridors étroits renforçaient son caractère fortifié. Léo Drouyn, dans sa description du XIXe siècle, souligne l’harmonie entre le moulin et son environnement naturel, ainsi que l’hospitalité de son propriétaire de l’époque, M. Fayet. Le moulin fut inscrit aux monuments historiques par arrêté du 7 janvier 1926, reconnaissant sa valeur patrimoniale.
Le moulin neuf d’Espiet illustre l’adaptation des moulins médiévaux à des fonctions à la fois économiques (meunerie) et défensives. Son système hydraulique, bien que disparu, témoigne de l’ingénierie de l’époque, avec une chute d’eau de 4 mètres et un mécanisme ayant perduré jusqu’au milieu du XXe siècle. À proximité, un autre moulin du XIVe siècle, le moulin Battant, partage une histoire similaire, bien que moins bien conservé. Ces édifices reflètent l’importance des moulins dans l’économie locale, souvent liés à des seigneuries ou, comme ici, à une abbaye puissante. Leur architecture hybride – à la fois utilitaire et militaire – révèle les tensions et les besoins des communautés rurales entre le Moyen Âge et l’époque moderne.