Patrimoine classéPatrimoine ruralMoulinMoulin à eau
Moulin Passe-Avant à Amiens
186 Rue Saint-Leu
80000 Amiens
Crédit photo : HaguardDuNord (talk) - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1256
Première mention du moulin
Première mention du moulin 1256 (≈ 1256)
Le moulin Passe-Avant est mentionné pour la première fois dans les archives départementales.
1450
Réparations du moulin
Réparations du moulin 1450 (≈ 1450)
Des réparations sont effectuées sur le moulin, attestant de son activité continue.
1528
Reconstruction totale
Reconstruction totale 1528 (≈ 1528)
Le moulin est reconstruit en pans de bois sur quatre niveaux.
Fin du XVe siècle
Construction actuelle
Construction actuelle Fin du XVe siècle (≈ 1595)
La construction actuelle du moulin pourrait remonter à cette période.
1849
Modification technique
Modification technique 1849 (≈ 1849)
Remplacement de deux roues verticales par une roue simple plus large.
1856
Règlement d'eau
Règlement d'eau 1856 (≈ 1856)
Établissement d'un règlement d'eau à la suite des travaux de 1849.
1901
Rattachement industriel
Rattachement industriel 1901 (≈ 1901)
Le moulin est rattaché à la moutarderie Brûlé, puis à la teinturerie Benoît.
2 décembre 1986
Classement historique
Classement historique 2 décembre 1986 (≈ 1986)
Le moulin est classé au titre des monuments historiques.
2007
Acquisition par Amiens Métropole
Acquisition par Amiens Métropole 2007 (≈ 2007)
Le moulin est acquis par Amiens Métropole pour un euro symbolique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Moulin Passe-Avant, y compris son mécanisme (cad. AB 119) : classement par arrêté du 2 décembre 1986
Origine et histoire du moulin Passe-Avant
Le moulin Passe-Avant est un moulin à eau situé 186 rue Saint-Leu à Amiens (Somme). Il est attesté depuis le Moyen Âge : les archives départementales mentionnent le moulin Passavant en 1256 et son objet de réparations en 1450, et B. Dufournier signale d'autres mentions, notamment en 1494. La construction actuelle pourrait remonter à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle ; une reconstruction totale en pans de bois sur quatre niveaux est également signalée en 1528. Le bâtiment conserve un pan de bois du XVIe siècle dont le décor sculpté — masques et blasons aux extrémités des poutres, une Vierge sur le poteau cornier et la moulure des sablières — est aujourd'hui très dégradé. Il comporte quatre niveaux ; le niveau inférieur, au ras de l'eau, abrite une roue à aubes de type Poncelet et une partie du mécanisme. Son fonctionnement hydraulique était assuré par un bras canalisé de la Somme, le bras des Clairons, et la roue du Passe-Avant avait la priorité sur celle du moulin voisin, d'où son nom par opposition au Passe-Arrière. Au fil du temps, le moulin a servi à des productions diverses : farine au Moyen Âge, puis moutarde et, plus tard, activités liées à la teinturerie. Il a connu de nombreuses modifications techniques, notamment le remplacement de deux roues verticales par une roue simple plus large vers 1849, un règlement d'eau établi en 1856 à la suite de ces travaux, et la présence d'une nouvelle roue de type Poncelet signalée au XIXe siècle. Après 1901, le moulin a été rattaché à la moutarderie Brûlé, elle-même absorbée par la teinturerie Benoît, et il existe un fonds d'archives privées relatif au site. Les dernières utilisations signalées divergent selon les sources : les services des Monuments historiques indiquent un dernier usage comme moulin à moutarde, tandis que la Fondation du patrimoine évoque une activité de teinturerie jusqu'à la fin des années 1970. Abandonné, il a été classé au titre des monuments historiques le 2 décembre 1986, partiellement restauré par l'association Le Bel Amiens et acquis par Amiens Métropole en 2007 pour un euro symbolique. Une restauration complète était programmée pour début 2014 ; les travaux envisagés concernaient la réfection du torchis de façade, la charpente en bois, la couverture en tuiles plates, les menuiseries extérieures et les planchers intérieurs, pour un montant estimé à 572 000 euros. Les sablières moulurées et les poteaux sculptés témoignent du décor d'origine, avec masques, armes du chapitre et la Vierge aux rayons sur le poteau cornier. Le moulin constitue un témoignage des techniques hydrauliques et des usages industriels anciens le long de la Somme dans le quartier Saint-Leu.