Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Moulin Vertu à Roy-Boissy dans l'Oise

Moulin Vertu

  • 1 Rue de Fontaine
  • 60690 Roy-Boissy
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Moulin Vertu
Crédit photo : Chatsam - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
6 Rue de l'Abreuvoir 60690 Roy-Boissy

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Première mention
1571
Projet de reconstruction
1727
Modernisation hydraulique
1762
Conversion en moulin à papier
1791
Vente comme bien national
1806
Changement de système hydraulique
1830-1835
Reconstruction complète
1860
Modernisation de la mouture
1872-1894
Agrandissement du domaine
1918
Fin de l'activité meunière
1990
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiment du moulin, avec ses dispositifs de fonctionnement internes et externes ; roue, vannage et son canal de dérivation ; granges, porterie et charreterie ; façades et toitures de l'ancienne maison du meunier (cad. C 170) : inscription par arrêté du 31 mai 1990

Personnages clés

Crépin Vennier - Charpentier (XVIe siècle) Propose un nouveau moulin en 1571.
Beaurain de la Zizonière - Propriétaire post-Révolution Acheteur en 1791, revendu en 1794.
Alexandre Breton - Propriétaire (fin XVIIIe) Acquiert le moulin en 1794.
Rémy Renet - Propriétaire (début XIXe) Installe une roue à pots en 1806.
Henry Renet - Propriétaire (milieu XIXe) Possède deux moulins vers 1844.
Stanislas Dumont - Modernisateur (vers 1860) Introduit la mouture économique anglaise.
Eugène Vertu - Propriétaire (1872-1912) Agrandit le domaine et construit des granges.
Gaston Vertu-Lavigne - Dernier meunier (1874-1912) Poursuit l'activité jusqu'en 1918.

Origine et histoire

Le Moulin Vertu, situé à Roy-Boissy dans les Hauts-de-France, est un moulin hydraulique dont les origines remontent au XIIe siècle, bien que sa structure actuelle date principalement des XVIIIe et XIXe siècles. Il a été reconstruit au XVIIIe siècle après une crue dévastatrice, puis profondément transformé au XIXe siècle, notamment entre 1872 et 1894, pour adopter une configuration typique des fermes picardes en carré. Ses bâtiments, organisés autour d'une cour fermée, mêlent pan de bois, torchis et brique, et abritent encore des mécanismes de meunerie d'origine, comme la roue à aubes, les meules et la bluterie.

Le moulin a connu plusieurs vocations au fil des siècles : moulin à draps, à huile, à papier (mentionné dès 1571), puis définitivement converti en moulin à farine au XVIIIe siècle. Après la Révolution, il est vendu comme bien national et change plusieurs fois de propriétaires, chacun apportant des modernisations, comme le passage à la mouture économique vers 1860 ou l'ajout de dépendances agricoles entre 1872 et 1894. Son activité cesse en 1918, mais son outillage, incluant une roue restaurée et des dispositifs de bluterie, a été préservé, offrant un témoignage rare des techniques meunières traditionnelles.

Le site, alimenté par le Thérain, conserve également des traces de ses évolutions hydrauliques : roue par-dessus (1727), roue par-dessous (1762), roue à pots (1806), puis retour à une roue à aubes couverte vers 1830-1840. Ces transformations, souvent liées à des crues ou à des changements de propriétaires, reflètent les adaptations techniques et économiques des meuniers picards. Classé Monument Historique en 1990, le moulin a bénéficié d'une restauration complète, mettant en valeur son architecture et ses mécanismes, dont un volant en fonte et des meules encore en place.

Parmi les propriétaires marquants, Eugène Vertu (années 1870) agrandit le domaine en achetant un terrain communal pour y construire des granges, tandis que sa veuve, Irène Laignier, et leur fils Gaston Vertu-Lavigne perpétuent l'activité jusqu'en 1918. Le moulin conserve aussi des objets témoignant de cette époque, comme un pochoir à estampiller les sacs de grains. Aujourd'hui, le site, avec ses façades, toitures, roue, vannage et canal de dérivation protégés, offre un exemple remarquable de patrimoine industriel rural, alliant histoire technique et architecture vernaculaire.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours