Origine et histoire
Le Moulin Vertu, situé à Roy-Boissy dans les Hauts-de-France, est un moulin hydraulique dont les origines remontent au XIIe siècle, bien que sa structure actuelle date principalement des XVIIIe et XIXe siècles. Il a été reconstruit au XVIIIe siècle après une crue dévastatrice, puis profondément transformé au XIXe siècle, notamment entre 1872 et 1894, pour adopter une configuration typique des fermes picardes en carré. Ses bâtiments, organisés autour d'une cour fermée, mêlent pan de bois, torchis et brique, et abritent encore des mécanismes de meunerie d'origine, comme la roue à aubes, les meules et la bluterie.
Le moulin a connu plusieurs vocations au fil des siècles : moulin à draps, à huile, à papier (mentionné dès 1571), puis définitivement converti en moulin à farine au XVIIIe siècle. Après la Révolution, il est vendu comme bien national et change plusieurs fois de propriétaires, chacun apportant des modernisations, comme le passage à la mouture économique vers 1860 ou l'ajout de dépendances agricoles entre 1872 et 1894. Son activité cesse en 1918, mais son outillage, incluant une roue restaurée et des dispositifs de bluterie, a été préservé, offrant un témoignage rare des techniques meunières traditionnelles.
Le site, alimenté par le Thérain, conserve également des traces de ses évolutions hydrauliques : roue par-dessus (1727), roue par-dessous (1762), roue à pots (1806), puis retour à une roue à aubes couverte vers 1830-1840. Ces transformations, souvent liées à des crues ou à des changements de propriétaires, reflètent les adaptations techniques et économiques des meuniers picards. Classé Monument Historique en 1990, le moulin a bénéficié d'une restauration complète, mettant en valeur son architecture et ses mécanismes, dont un volant en fonte et des meules encore en place.
Parmi les propriétaires marquants, Eugène Vertu (années 1870) agrandit le domaine en achetant un terrain communal pour y construire des granges, tandis que sa veuve, Irène Laignier, et leur fils Gaston Vertu-Lavigne perpétuent l'activité jusqu'en 1918. Le moulin conserve aussi des objets témoignant de cette époque, comme un pochoir à estampiller les sacs de grains. Aujourd'hui, le site, avec ses façades, toitures, roue, vannage et canal de dérivation protégés, offre un exemple remarquable de patrimoine industriel rural, alliant histoire technique et architecture vernaculaire.