Frise chronologique
27 mai 1871
Fusillade des 147 fédérés
Fusillade des 147 fédérés
27 mai 1871 (≈ 1871)
Exécution sommaire par l'armée versaillaise au Père-Lachaise.
28 mai 1871
Fin de la Commune
Fin de la Commune
28 mai 1871 (≈ 1871)
Chute définitive après la Semaine sanglante.
23 mai 1880
Première manifestation commémorative
Première manifestation commémorative
23 mai 1880 (≈ 1880)
25 000 personnes défient la police, organisée par Jules Guesde.
24 mai 1936
Manifestation record du Front populaire
Manifestation record du Front populaire
24 mai 1936 (≈ 1936)
600 000 participants avec Léon Blum et Maurice Thorez.
mai 1981
Hommage de Pierre Mauroy
Hommage de Pierre Mauroy
mai 1981 (≈ 1981)
Premier chef de gouvernement à y déposer une gerbe.
14 novembre 1983
Classement monument historique
Classement monument historique
14 novembre 1983 (≈ 1983)
Protection officielle du mur et de son enceinte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jules Guesde - Dirigeant socialiste |
Organisateur de la première montée au mur (1880). |
| Jean Jaurès - Figure socialiste |
Participa régulièrement aux commémorations. |
| Léon Blum - Président du Conseil (Front populaire) |
Mena la manifestation de 1936. |
| Paul Lafargue - Communard et gendre de Karl Marx |
Inhumé face au mur en 1911. |
| Pierre Mauroy - Premier ministre (1981) |
Premier hommage officiel d'un chef de gouvernement. |
| Karl Marx - Théoricien communiste |
Analysa la Commune comme dictature du prolétariat. |
Origine et histoire
Le mur des Fédérés est une section de l'enceinte du cimetière du Père-Lachaise, dans le 20e arrondissement de Paris. Ce lieu est marqué par l'exécution sommaire de 147 fédérés, combattants de la Commune de Paris, fusillés par l'armée versaillaise le 27 mai 1871, lors de la Semaine sanglante. Leurs corps furent jetés dans une fosse commune creusée au pied du mur, faisant de ce site un symbole de la répression violente qui suivit l'insurrection parisienne. Les combats acharnés dans le quartier de Belleville et aux Buttes-Chaumont marquèrent les dernières heures de résistance avant la chute définitive de la Commune le 28 mai.
Depuis 1871, le mur des Fédérés est devenu un emblème de la lutte pour la liberté et des idéaux communards. Dès 1880, des manifestations annuelles, comme celle organisée par Jules Guesde avec 25 000 participants, ont transformé ce lieu en un pèlerinage politique pour les mouvements ouvriers et socialistes. Des figures majeures, comme Jean Jaurès, Édouard Vaillant, ou Léon Blum, y ont rendu hommage, renforçant son statut de symbole de l'émancipation prolétarienne. En 1936, une manifestation record de 600 000 personnes, menée par Blum et Maurice Thorez, y célébra la victoire du Front populaire.
Classé monument historique en 1983, le mur porte une plaque commémorative : « Aux morts de la Commune 21-28 mai 1871 ». Bien que reconstruit après sa détérioration, des pierres originales furent réutilisées pour ériger le monument Aux victimes des révolutions (1909), situé ailleurs dans le cimetière. En 1897, la découverte de 800 squelettes de fédérés près de l'annexe du cimetière de Charonne confirma l'ampleur des exécutions sommaires. Ces restes furent réinhumés sans épitaphe le long du mur sud, où une plaque commémorative fut apposée.
Les estimations des victimes de la Semaine sanglante varient selon les historiens. Robert Tombs évoque 6 500 morts (dont 1 400 fusillés), tandis que Jacques Rougerie et Michèle Audin proposent des chiffres allant de 10 000 à 20 000 tués, soulignant l'ampleur de la répression. Karl Marx y vit une brève réalisation de la dictature du prolétariat, portée par un soutien massif des ouvriers parisiens. Aujourd’hui, le mur reste un lieu de mémoire active, avec des hommages annuels le 1er mai et lors des commémorations de la Commune.
Le site abrite également les tombes de personnalités communardes, comme Paul Lafargue (gendre de Karl Marx) et Jean-Baptiste Clément, auteur de la chanson Le Temps des cerises. Chaque année, des cortèges syndicaux, politiques (Parti communiste, Grand Orient de France) et associatifs s’y rassemblent, perpétuant son rôle de symbole des luttes sociales. En 1981, Pierre Mauroy devint le premier chef de gouvernement à y déposer une gerbe, marquant une reconnaissance officielle de son importance historique.