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Murs des Fusillés du Centre de détention d'Eysses à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne

Murs des Fusillés du Centre de détention d'Eysses

    22 Rue Victor Michaut
    47300 Villeneuve-sur-Lot
Propriété de l'Etat
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Murs des Fusillés du Centre de détention dEysses
Crédit photo : Fonds Association nationale pour la mémoire des ré - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1800
1900
2000
1008
Fondation de l'abbaye
3 septembre 1803
Transformation en prison
19 février 1944
Révolte des résistants
23 février 1944
Fusillade des 12 résistants
30 mai 1944
Déportation vers Dachau
2022
Classement du mur
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'angle sud-est du mur d’enceinte dit « mur des Fusillés », à l’exclusion des deux miradors, ainsi que le sol de la cour correspondante dans la limite de la clôture existante, du centre de détention d’Eysses, situés sur la parcelle n°122 de la section HO du cadastre de la commune, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 16 septembre 2022

Personnages clés

Joseph Darnand - Secrétaire général au Maintien de l’ordre (Vichy) Ordonne la répression et les fusillades.
Roger Brun - Résistant fusillé Parmi les 12 exécutés le 23 février 1944.
Georges Charpak - Déporté et futur Prix Nobel Prisonnier à Eysses en 1943-1944.
Jean-Jacques Regnaut - Prieur de l’abbaye (XVIIe siècle) Supervise la réédification partielle.

Origine et histoire

Le centre de détention d’Eysses, implanté dans une ancienne abbaye bénédictine fondée au XIe siècle, est transformé en établissement pénitentiaire en 1803 par un arrêté du 16 fructidor an XI. Initialement maison centrale sous Napoléon (1808), il accueille des condamnés à de longues peines. En 1895, il devient une colonie pénitentiaire pour mineurs, appliquant la loi Corne de 1850, et se spécialise dans l’enfermement des jeunes délinquants ou indisciplinés, dans des conditions souvent critiquées pour leur dureté.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime de Vichy, Eysses se transforme en prison politique accueillant jusqu’à 1 430 résistants en février 1944. Les détenus, organisés en comité clandestin, éditent des journaux et préparent une révolte. Le 19 février 1944, une insurrection éclate : les prisonniers prennent le contrôle de la centrale, mais l’intervention des GMR et de l’artillerie allemande les force à se rendre. En représailles, 12 résistants sont fusillés le 23 février contre le mur sud-est, aujourd’hui classé monument historique.

Le site, marqué par cette répression, voit ensuite 1 121 prisonniers déportés vers Dachau, dont 400 périront. Après la guerre, le centre reste une prison, mais le mur des Fusillés, inscrit en 1996 puis classé en 2022, devient un lieu de mémoire. Une cérémonie commémorative y est organisée chaque année en février. L’abbaye, partiellement conservée, témoigne aussi de son passé monastique et carcéral, avec des bâtiments datant des XVIIe, XIXe et XXe siècles.

Architecturalement, le site mêle des éléments de l’abbaye d’origine (ailes sud et ouest, rez-de-chaussée voûtés) et des extensions pénitentiaires (quartiers cellulaires, ateliers du XIXe siècle). Les murs en pierre et brique, ainsi que les « cages à poules » encore visibles, rappellent les conditions de détention. Aujourd’hui, le centre, d’une capacité de 294 places, intègre aussi des projets pédagogiques, comme une épicerie solidaire gérée par les détenus.

La mémoire d’Eysses est préservée par des associations, des expositions (comme Si hauts que soient les murs en 2002) et des documentaires. Le mur des Fusillés, symbole de la résistance et de la barbarie nazie, reste un lieu de recueillement et d’hommage aux 12 victimes de 1944, parmi lesquelles Roger Brun, ainsi qu’aux déportés du bataillon FFI d’Eysses.

Liens externes