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Frise chronologique
1008
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1008 (≈ 1008)
Première attestation de l’abbaye bénédictine.
3 septembre 1803
Transformation en prison
Transformation en prison
3 septembre 1803 (≈ 1803)
Arrêté créant un établissement pénitentiaire.
19 février 1944
Révolte des résistants
Révolte des résistants
19 février 1944 (≈ 1944)
Prise de contrôle de la centrale par 1 200 détenus.
23 février 1944
Fusillade des 12 résistants
Fusillade des 12 résistants
23 février 1944 (≈ 1944)
Exécution contre le mur sud-est.
30 mai 1944
Déportation vers Dachau
Déportation vers Dachau
30 mai 1944 (≈ 1944)
1 121 prisonniers livrés aux SS.
2022
Classement du mur
Classement du mur
2022 (≈ 2022)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'angle sud-est du mur d’enceinte dit « mur des Fusillés », à l’exclusion des deux miradors, ainsi que le sol de la cour correspondante dans la limite de la clôture existante, du centre de détention d’Eysses, situés sur la parcelle n°122 de la section HO du cadastre de la commune, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 16 septembre 2022
Personnages clés
| Joseph Darnand - Secrétaire général au Maintien de l’ordre (Vichy) |
Ordonne la répression et les fusillades. |
| Roger Brun - Résistant fusillé |
Parmi les 12 exécutés le 23 février 1944. |
| Georges Charpak - Déporté et futur Prix Nobel |
Prisonnier à Eysses en 1943-1944. |
| Jean-Jacques Regnaut - Prieur de l’abbaye (XVIIe siècle) |
Supervise la réédification partielle. |
Origine et histoire
Le centre de détention d’Eysses, implanté dans une ancienne abbaye bénédictine fondée au XIe siècle, est transformé en établissement pénitentiaire en 1803 par un arrêté du 16 fructidor an XI. Initialement maison centrale sous Napoléon (1808), il accueille des condamnés à de longues peines. En 1895, il devient une colonie pénitentiaire pour mineurs, appliquant la loi Corne de 1850, et se spécialise dans l’enfermement des jeunes délinquants ou indisciplinés, dans des conditions souvent critiquées pour leur dureté.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime de Vichy, Eysses se transforme en prison politique accueillant jusqu’à 1 430 résistants en février 1944. Les détenus, organisés en comité clandestin, éditent des journaux et préparent une révolte. Le 19 février 1944, une insurrection éclate : les prisonniers prennent le contrôle de la centrale, mais l’intervention des GMR et de l’artillerie allemande les force à se rendre. En représailles, 12 résistants sont fusillés le 23 février contre le mur sud-est, aujourd’hui classé monument historique.
Le site, marqué par cette répression, voit ensuite 1 121 prisonniers déportés vers Dachau, dont 400 périront. Après la guerre, le centre reste une prison, mais le mur des Fusillés, inscrit en 1996 puis classé en 2022, devient un lieu de mémoire. Une cérémonie commémorative y est organisée chaque année en février. L’abbaye, partiellement conservée, témoigne aussi de son passé monastique et carcéral, avec des bâtiments datant des XVIIe, XIXe et XXe siècles.
Architecturalement, le site mêle des éléments de l’abbaye d’origine (ailes sud et ouest, rez-de-chaussée voûtés) et des extensions pénitentiaires (quartiers cellulaires, ateliers du XIXe siècle). Les murs en pierre et brique, ainsi que les « cages à poules » encore visibles, rappellent les conditions de détention. Aujourd’hui, le centre, d’une capacité de 294 places, intègre aussi des projets pédagogiques, comme une épicerie solidaire gérée par les détenus.
La mémoire d’Eysses est préservée par des associations, des expositions (comme Si hauts que soient les murs en 2002) et des documentaires. Le mur des Fusillés, symbole de la résistance et de la barbarie nazie, reste un lieu de recueillement et d’hommage aux 12 victimes de 1944, parmi lesquelles Roger Brun, ainsi qu’aux déportés du bataillon FFI d’Eysses.