Origine et histoire du Musée africain
Le musée africain de Lyon, officiellement Musée africain des cultures de l’Afrique de l’Ouest, fut fondé en 1861 à l’initiative de la Société des Missions Africaines (SMA), sous l’impulsion d’Augustin Planque. Dès février 1861, Planque sollicita ses missionnaires pour rassembler des objets africains (outils, armes, dieux locaux, ustensiles), visant à créer un espace de découverte de l’Afrique pour les Lyonnais. Une première salle vit le jour à Saint-Foy-lès-Lyon, avant que la collection ne déménage en 1870 sur le cours Brosse à Lyon, dans les nouveaux locaux de la SMA.
Le musée prit son essor dans les années 1920, s’étendant sur trois salles avec des objets accompagnés de photographies et dioramas. À partir des années 1970, il évolua d’un musée missionnaire vers une approche ethnologique, avec une muséographie repensée en 1977 et 2000. Les collections, organisées en trois thématiques (vie quotidienne, vie sociale, vie religieuse), comptaient 8 000 pièces, dont 2 126 exposées en permanence sur 750 m2. Chaque étage explorait un aspect spécifique des cultures ouest-africaines, des outils agricoles aux masques rituels.
De 2012 à 2017, le musée fut géré par une association laïque, l’Association du Musée Africain de Lyon, avec pour mission de promouvoir le dialogue interculturel via expositions, ateliers et événements. Malgré ses efforts pour moderniser son approche (expositions temporaires sur l’art contemporain africain, collaborations avec les diasporas), le musée ferma définitivement le 27 novembre 2017, faute de financements et de fréquentation. L’espace fut ensuite dédié au Carrefour des Cultures Africaines, conservant notamment l’accès à sa bibliothèque de 7 000 documents.
La collection reflétait la diversité des pratiques et croyances ouest-africaines, tout en éclairant les relations coloniales franco-africaines. Le musée se distinguait par son engagement envers les diasporas, avec des expositions comme Vodou (2014), Pascale Marthine Tayou (2014-2015), ou Ancestors in contemporary society (2021). Il proposait aussi des visites guidées, ateliers créatifs pour enfants, et des conférences, affirmant son rôle d’espace de rencontre et d’échange.
L’origine du musée est indissociable de la SMA et d’Augustin Planque, dont la correspondance de 1861 révèle une volonté précoce de documenter les cultures africaines. Les objets collectés, allant des poids à peser l’or Akans aux masques Gèlèdè, témoignaient des échanges complexes entre l’Afrique et l’Europe. Après sa fermeture, le musée laissa un héritage documentaire et patrimonial, notamment à travers des publications comme Afrique en résonance (2014), qui analysent sa collection et son histoire.