Origine et histoire du Musée Albert-André
Le musée Albert-André trouve ses origines en 1859, lorsque Léon Alègre fonde le premier musée cantonal de France à Bagnols-sur-Cèze. Ce lieu, à la fois bibliothèque et musée, vise à instruire les citoyens en présentant des collections variées : histoire naturelle, agriculture, industrie, antiquités et beaux-arts. Installé dans l’hôtel de ville depuis 1868, il devient un espace encyclopédique reflétant la diversité des productions humaines.
En 1917, le peintre Albert André, nommé conservateur, transforme radicalement le musée en y introduisant des œuvres contemporaines. Grâce à ses relations avec des artistes comme Renoir et des critiques comme George Besson, il crée en 1921 le premier musée d’art contemporain de province. Son action est marquée par une préférence pour la peinture figurative, et il mobilise ses amis pour reconstituer les collections après un incendie en 1924, qui détruit une partie des œuvres historiques.
L’incendie de 1924, déclenché accidentellement lors d’une fête des pompiers, devient paradoxalement une opportunité. Albert André sollicite alors des dons de peintres, galeristes et critiques, permettant l’acquisition d’œuvres majeures de Bonnard, Denis, Marquet, Monet, Signac et d’autres. Ces contributions transforment le musée en un lieu emblématique de l’art postimpressionniste et moderne, avec une identité forte centrée sur la peinture figurative.
Après la mort d’Albert André en 1954, son héritage est poursuivi par sa fille adoptive, Jacqueline Bret-André, qui épouse George Besson en 1971. La donation Besson enrichit considérablement les collections, ajoutant des chefs-d’œuvre comme Le 14 juillet au Havre de Marquet ou Le Bateau-Lavoir de Lotiron. En 1990, le musée est renommé en hommage à Albert André, reconnaissant son rôle fondateur.
Le musée a cependant subi deux cambriolages marquants : en 1972, quinze œuvres majeures (Renoir, Dufy, Bonnard, Cézanne, Matisse, etc.) sont volées, suivies en 1981 par le vol d’une toile de Renoir. Malgré ces pertes, le musée reste un lieu dynamique, organisant des expositions temporaires, des journées de copistes et des animations scolaires, tout en conservant une collection exceptionnelle d’art moderne.
Aujourd’hui, le musée Albert-André est labellisé Musée de France et géré par la Conservation départementale des musées du Gard. Il abrite plus de 200 œuvres de la première moitié du XXe siècle, ainsi que des dons ultérieurs, dont 144 œuvres d’Albert André offertes en 2000. Son fonds, constitué grâce à l’amitié entre artistes et conservateurs, en fait un témoignage unique de l’art figuratif moderne et contemporain.