Origine et histoire du Musée Anne de Beaujeu
Le musée Anne-de-Beaujeu est un musée départemental d’art et d’histoire situé à Moulins, dans le pavillon Renaissance du palais des ducs de Bourbon. Fondé en 1910, il résulte de la fusion de collections municipales (créées en 1842) et de la Société d’émulation du Bourbonnais (1852), enrichies par le legs de Louis Mantin, un collectionneur local. Le pavillon, construit vers 1500, illustre l’architecture Renaissance précoce en France et porte le nom d’Anne de Beaujeu, fille de Louis XI et mécène des arts.
Le musée trouve ses origines dans les confiscations révolutionnaires de 1795, quand un premier conservateur, Claude-Henri Dufour, rassemble des œuvres dans la chapelle du couvent de la Visitation. Fermé peu après, ce musée primitif voit ses collections restituées au clergé. En 1842, la ville de Moulins recrée un musée municipal, installé à l’hôtel de ville, centré sur des peintures et médailles. La Société d’émulation du Bourbonnais, fondée en 1845, y ajoute des objets archéologiques locaux, menant à l’ouverture d’un musée départemental en 1863.
Louis Mantin, sous-préfet et vice-président de la Société d’émulation, lègue en 1905 sa villa, ses collections et un fonds financier pour unifier les œuvres dans le pavillon Anne-de-Beaujeu. Ce legs permet l’inauguration du musée actuel le 5 juin 1910. Depuis 2004, il est géré par le département de l’Allier et labellisé « Musée de France ». Ses 20 000 pièces couvrent l’archéologie régionale, l’art des ducs de Bourbon, les retables flamands, les faïences du XVIIIe siècle et la peinture académique.
Les collections archéologiques, majoritaires (60 %), proviennent de fouilles locales du XIXe siècle, avec des pièces allant du Paléolithique à l’époque gallo-romaine, comme le mobilier de Châtelperron ou des figurines en terre cuite. Un espace est dédié aux ducs de Bourbon, mécènes des XVe–XVIe siècles, présentant des sculptures comme une Vierge de Jean de Chartres ou des fragments du tombeau de Louis II de Bourbon. Le musée expose aussi des retables germaniques (Maître d’Uttenheim, Maître de Francfort) et des œuvres académiques du XIXe siècle (Gérôme, Meissonier).
Moulins, centre faïencier et coutelier au XVIIIe siècle, est représentée par des pièces en rocaille ou chinoiseries, ainsi que par des couteaux de luxe en or et nacre. La maison Mantin, annexée au musée, offre un exemple d’habitation bourgeoise de 1905, meublée et décorée selon les goûts de l’époque. Le pavillon Anne-de-Beaujeu, l’un des premiers édifices Renaissance de France, et la maison Mantin sont tous deux classés Monuments Historiques.